Depuis qu'il est monté sur le trône le 9 août 1993, Albert II a connu bien des évolutions sociétales. La moindre ne fut pas le lent mais irréversible glissement vers une Belgique résolument multiculturelle où les Belges d'adoption apportent pas mal de sang neuf au pays. En même temps, si sur le terrain politique, les relations entre francophones et néerlandophones sont souvent crispées depuis juin 2007, on ne peut renvoyer du revers de la main la multiplication d'expériences culturelles transcommunautaires marquées au contraire du sceau d'un dialogue authentique.

Ce n'est donc pas vraiment un hasard si à l'occasion de ses trois lustres de présence place des Palais, le Roi a voulu mettre à l'honneur cette dimension d'ouverture lors d'un grand happening qui se déroulera dimanche après-midi dans les serres et dans les salons du château de Laeken.

La formule fait recette depuis près de dix ans dans la foulée de la fête des fiançailles de Philippe et de Mathilde : lors des grandes occasions, les talents de nos différentes contrées sont mis en exergue à Laeken, en présence de la famille royale mais aussi de délégations de citoyens de nos dix provinces et de la région de Bruxelles-Capitale.

Mais ce sera aussi l'occasion de rendre hommage à l'action de celles et ceux qui ont permis de concrétiser ces initiatives communes : c'est pourquoi l'on retrouvera parmi les invités les responsables du Réseau des arts à Bruxelles/Brussels Kunstenoverleg et Demos/Culture et démocratie.

Ces derniers ont participé à l'élaboration du programme où l'on mettra en valeur des talents musicaux mais aussi de comédiens aussi éclectiques que Jamal Boukhriss, un Bruxello-Vilvordois bilingue d'origine marocaine qui mélange allégrement français, néerlandais et arabe dans ses prestations, le violoniste gantois Wouter Vandenabeele et ses "Chansons sans paroles" ou encore le groupe Marockin'Brass qui développe de la musique urbaine à partir de la grande diversité de nos villes.

Ces spectacles se doubleront de plusieurs expositions sur la Zinneke parade, de regards originaux de jeunes photographes de chez nous ou encore de l'étonnante confrontation de deux créateurs autour de huit arguments en faveur de l'art et de la culture. Une manière de rappeler que la Belgique de la (multi) culture n'est pas frileuse et ose le pari de l'ouverture...