Le comité P ouvre en enquête sur le fait que des informations relatives à l'adresse où résidait Salah Abdeslam à Molenbeek figuraient depuis début décembre dans un rapport qui n'a jamais été transmis à la cellule antiterrorisme de la police judiciaire fédérale de Bruxelles, rapportent vendredi La Dernière Heure et plusieurs médias flamands.

L'organe de contrôle des services de police, le Comité P, a confirmé l'ouverture d'une enquête pour une information qui n'a pas circulé. Dès le 7 décembre, un policier de Malines a signalé dans un rapport l'adresse du 79 rue des Quatre vents, où a été appréhendé ce mois-ci Salah Abdeslam, le seul suspect vivant des attentats de Paris du 13 novembre. Le rapport n'avait pas été transmis à la cellule antiterrorisme.

La police de Malines a démenti cette information en fin de matinée vendredi. Selon le chef de corps, les policiers malinois ne disposaient pas de renseignement précis sur la présence d'Abdeslam à la rue des Quatre vents. Ce dernier reconnaît cependant qu'une faute a été commise au sein de ses services autour de la transmission d'une information à la Banque de données nationale générale. Cette information précisait qu'il pouvait y avoir une "troisième personne radicalisée" qui pouvait être liée à l'adresse rue des Quatre Vents à Molenbeek-Saint-Jean et qui a probablement eu un contact avec les frères Abdeslam dans un passé lointain. La police de Malines affirme qu'elle n'avait pas d'information concernant une éventuelle planque de Salah Abdeslam et aucune info en sa possession ne renvoyait à Salah Abdeslam ou Abid Aberkane, le logeur du suspect clé, d'après la police locale.


"Abdeslam n'a été interrogé qu'une heure entre son arrestation et les attentats"

Les enquêteurs belges n'auraient entendu Salah Abdeslam, suspecté de terrorisme, qu'une heure entre son arrestation vendredi soir et le double attentat terroriste de mardi matin. C'est ce qu'ont affirmé son avocat Sven Mary et deux autres sources proches de l'enquête au site d'information européenne, Politico Europe. Selon ce média, les enquêteurs n'auraient pas interrogé Salah Abdeslam sur la possibilité d'autres attentats parce qu'ils ont d'abord sondé l'intéressé sur sa participation dans les attentats de Paris en novembre.

L'audition de Salah Abdeslam dans la prison de Bruges n'a pas porté sur l'éventualité d'une menace, car les enquêteurs voulaient d'abord se concentrer sur la chronologie des faits et sur le rôle du suspect dans le commando funeste à Paris. En dépit de la découverte d'un détonateur, d'armes et d'empreintes digitales d'Abdeslam dans une 'safehouse' à Forest quelques jours plus tôt, et la suspicion croissante d'un réseau terroriste plus large qu'escompté à Bruxelles, les enquêteurs n'ont que brièvement interrogé le captif car il récupérait encore de son opération, selon une source des services de sécurité belge. "Ils n'avaient pas pensé qu'il était possible que quelque chose puisse se passer mardi matin." L'avocat Sven Mary a confirmé que les enquêteurs ne se sont entretenus que brièvement avec son client.

Le parquet fédéral n'a pas souhaité réagir à ces déclarations, selon Politico.