Un ex-professeur de l’ULB crée la polémique en imitant l’accent africain et parlant de son ex-compagne d’origine rwandaise. L’institution contextualise.

Il y a quelques semaines, Michel Demeuldre était l’invité du cours de Formes musicales donné aux élèves de deuxième bachelier de l’Institut des Hautes Etudes des Communications sociales (IHECS). Ancien professeur de sociohistoire des musiques du monde de l’ULB, il avait accepté l’invitation afin de parler de sa spécialité avec les étudiants en communication.

"Titiller le clitoris"

Quelques minutes après que le cours a commencé, l’invité s’est rapidement éloigné de la thématique et n’a pas hésité à évoquer des souvenirs avec son ancienne compagne, d’origine rwandaise. Il a notamment expliqué aux élèves qu’on disait de son ex-compagne qu’elle avait "l’élégance d’une génisse " lorsqu’elle marchait. Il ira plus loin et déclara : "Du côté rwandais […] et ça je trouve que ça devrait être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco : la façon de faire jouir les femmes au Rwanda […] vous devez titiller le clitoris, et pour que ça soit efficace, il faut bien tirer… les jeunes filles se tirent les lèvres pour que ça soit bien proéminent et facile à faire." Il a alors invité les jeunes femmes dans l’auditoire à s’exercer à la pratique qui apporte "de nombreux avantages" .

L’IHECS prend la défense du professeur

C’est le Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les discriminations qui a lancé la polémique après la diffusion sur Internet par l’IHECS de l’enregistrement audio de la conférence. Le groupe a rapidement rédigé un communiqué qui a été publié sur Facebook. " Le Collectif condamne avec fermeté les propos aussi malséants qu’humiliants envers les femmes afro-descendantes tenus par le professeur Demeuldre et attend de la part de l’Université libre de Bruxelles et de l’IHECS, une prise de position claire et publique quant à cet incident ."

L’IHECS s’est défendue et a tenté, lundi, de minimiser les propos du professeur invité. " Si certains propos ont été reçus de façon choquante par les auditeurs absents de la conférence […], les propos effectivement très crus de M. Demeuldre sur certaines pratiques sexuelles anciennes au Rwanda et en Afrique de l’est, renvoient à des pratiques qui semblent largement documentées dans la littérature scientifique ."

Les étudiants se divisent

Sur Facebook, des débats se créent en pleine période d’examens. Beaucoup d’étudiants estiment que les propos du professeur invité prennent trop d’ampleur. "Nous sommes plusieurs à penser que malgré ses propos assez caricaturaux et peut-être légèrement déplacés dans le cadre d’une conférence sur la musique, il ne faut pas oublier que le ton employé n’était pas celui d’un sexiste ou d’un raciste mais bien celui de l’humour ", défend un étudiant sur Internet.

D’autres ne le voient pas d’un même œil. " Nous ne nous attaquons pas à la personne, mais nous condamnons ses propos racistes. Nous ne voulons pas détruire sa carrière de professeur. Il est cependant dommage que ce soient les élèves qui aient à éduquer les professeurs à propos du racisme et non le contraire ", nous confie une élève de l’IHECS.

Les autorités de l’ULB ont précisé que cet ancien professeur n’avait plus aucune charge de cours ni de recherche dans l’institution . "Les autorités s’associent à votre indignation face à des propos stigmatisants et contraires à nos valeurs. "