Le Samusocial pâtit de sérieux problèmes de gestion. C’est ce qui ressort du récent rapport de l’Inspection des Finances, mandatée par la Commission communautaire commune (Cocom), une des institutions qui subsidient cette ASBL bruxelloise qui a pour vocation de venir en aide aux personnes en grande précarité sociale. “La Libre” a pu prendre connaissance du document qui devrait être soumis au gouvernement de la Cocom ce jeudi. Plusieurs manquements y sont pointés.

Le premier réside dans un manque cruel de transparence dans les facturations et les relations de l’ASBL avec d’autres organisations. Ainsi, l’Inspection des Finances “insiste sur la nécessité de renforcer la transparence des flux financiers, tout particulièrement entre le CPAS de Bruxelles-ville et le Samusocial”. “Certaines factures, parfois sans description de la prestation explicitement indiquée, sont payées par le Samusocial au CPAS de Bruxelles-ville ou d’autres sont réalisés (sic) sans faire appel à la concurrence.”

L’Inspection des Finances donne deux exemples :

- “Une facture de 25000 euros a été payée par le Samusocial à Médecins du Monde sans détail de la contrepartie réalisée par ceux-ci.”

- “Plusieurs factures dont une de 4 690 euros concernant un déplacement pour 30 personnes à Alicante (Espagne) du 16 juin au 23 juin ont été transmises à la Cocom; ni la Cocom ni l’Inspection des Finances ne sont en mesure de vérifier la nature, l’objet et l’opportunité de ce déplacement.”

Au chapitre suivant, l’Inspection des Finances établit que l’ASBL Samusocial est soumise à la législation sur les marchés publics. “Celle-ci vise l’ensemble des contrats onéreux de services, de travail ou de fourniture. L’inspection constate que cette législation n’est pas appliquée et devra l’être dorénavant”, conclut le rapport.

Celui-ci se penche également sur le financement du dispositif hivernal, qui permet à plusieurs centaines de sans-abri de trouver un hébergement chauffé. Celui-ci sera subsidié par la Cocom pour un montant de 1 million d’euros mais selon une convention trop vague quant aux exigences de justification des dépenses, estime l’Inspection des Finances qui pointe aussi, au regard de financements fédéraux, une double subsidiation potentielle.

Manque de transparence encore quant à la politique de rémunération menée par l’ASBL. Le rapport s’interroge sur l’opportunité de plusieurs primes. Certaines d’entre elles concernent directement la directrice du Samusocial, Pascale Peraita (PS). Au passage, le rapport révèle le budget annuel consacré à sa rémunération : pas moins de 192 705,34 euros dont 46 899,52 euros de charges patronales et 33 047,56 de primes de “garde et horaires décalés”.

Eu égard à la vocation de l’ASBL, cette rémunération peut choquer mais Pascale Peraita n’a pas souhaité réagir à ces informations. Elle affirme ne pas être au courant de l’existence de ce rapport.


Bientôt au CPAS?

Pascale Peraita est pressentie pour prendre la tête du CPAS de la Ville de Bruxelles. Son président actuel, le député PS Yvan Mayeur, par ailleurs président du Samusocial, doit en effet remplacer, dans les prochains mois, Freddy Thielemans au mayorat de la Ville. Ce dernier ayant annoncé qu’il ne terminera pas la législature moins d’un an après les dernières élections communales. 

Pour rappel, le Samusocial a été créé en 1999 afin de pallier les problèmes d’hébergement des sans-abri dans une démarche proactive de contact direct avec les plus précarisés.