Il est attendu mercredi prochain en fin d’après-midi dans le ciel bruxellois. Nom de code : Air Force One, l’avion officiel du président des Etats-Unis, Donald Trump, qui atterrira le 24 mai sur l’une des pistes de l’aéroport de Bruxelles-National. Et sur le tarmac bruxellois, c’est déjà le branle-bas de combat. L’impressionnante armada de sécurité américaine devrait aussi prendre possession de la tour de contrôle de Zaventem pour organiser au mieux l’atterrissage de l’avion, ou plutôt des avions présidentiels. Air Force One dispose ainsi de deux Boeing 747-200, et au moins un avion affrété spécialement pour les journalistes devrait accompagner la délégation officielle.

Une escorte de F16 belges ?

L’avion de Donald Trump, qui viendra de Rome où le Président aura rencontré le pape François, après deux étapes au Moyen-Orient (en Arabie saoudite d’abord, ce week-end, puis en Israël, lundi et mardi), pourrait aussi être escorté par des F-16 de l’armée belge, comme ce fut le cas lors de la venue, l’année dernière, du roi de Jordanie à Bruxelles.

Pour éviter tout piratage, les Américains auront préalablement installé leur propre dispositif téléphonique au sein de la tour de l’aéroport, et les contrôleurs belges seront discrètement mis à l’écart. Une partie de notre ciel aérien sera fermée pendant une durée de quinze à trente minutes, le temps de l’approche et de l’atterrissage d’Air Force One. "Cela n’aura pas d’influence sur les opérations de l’aéroport", explique Nathalie Van Impe, porte-parole de Brussels Airport qui exclut tout retard "significatif" pour les vols commerciaux ce jour-là.

Cela devrait, par contre, être davantage le chaos sur les routes allant de l’aéroport au centre de Bruxelles. Avec l’arrivée des différents chefs d’Etats membres de l’Otan, des tronçons de route, voire des bretelles d’autoroutes seront ainsi temporairement fermés à la circulation. "Nous conseillons aux passagers se rendant à l’aéroport, les 24 et 25 mai, de régulièrement écouter les infos trafic", poursuit Nathalie Van Impe.

Un millier de personnes

Donald Trump sortira via l’aérogare militaire de Melsbroek avec son impressionnante délégation (on évoque près de 1000 personnes : conseillers, sécurité, intendance, presse…). On se souvient que lors de son saut de puce de vingt-quatre heures en Belgique, il y a un peu plus de deux ans, Barack Obama était accompagné de près de 900 personnes - dont 200 journalistes. La Maison-Blanche avait, comme c’est l’usage en pareilles circonstances, amené ses propres voitures - dont la fameuse Cadillac One, la voiture présidentielle encore surnommée "The Beast" (la Bête), "Limousine One" ou "First Car", qui, avec une consommation de 34 litres aux 100, est une ode mobile à l’accord de Paris sur le réchauffement climatique. Mais l’Administration américaine avait également déployé des hélicoptères pour les déplacements "intra-muros".

Il était question que Donald Trump loge, comme Barack Obama avant lui, à l’ancien Hilton du boulevard de Waterloo, au centre de Bruxelles. Outre son confort, l’établissement, devenu "The Hotel", présente l’avantage d’être proche des lieux de pouvoir dans la capitale, et plus facile à sécuriser que d’autres maisons prestigieuses.

Vue sur le parc de Bruxelles

Il semble, toutefois, que le Président - dont on dit qu’il n’aime guère loger dans des hôtels qui ne portent pas son nom - préférera finalement la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis, au coin de la rue Zinner, qui donne sur le parc de Bruxelles. Il est vrai qu’il y a des chambres disponibles puisque Donald Trump avait fait rappeler séance tenante l’ambassadeur nommée par Barack Obama, Denise Campbell Bauer, et qu’il n’a toujours pas désigné son successeur. "Tout sera confirmé le jour même", nous explique une source.

Contrairement à plusieurs de ses prédécesseurs dont George W. Bush et Barack Obama, Donald Trump ne prononcera pas de discours devant un public choisi. Ce qui préservera la tranquillité ordinaire du centre-ville. En revanche, le ciel bruxellois sera fermé deux fois, le 25 mai : lors du défilé militaire aérien célébrant l’inauguration du nouveau bâtiment de l’Otan, et pour le départ, en soirée, de Donald Trump vers la Sicile pour une réunion du G7.