Installée sur les hauteurs de Liège, l’ASBL "Le Tabuchet", du nom d’un des glaciers du massif alpestre de la Meije, est née en 1991, de l’association de parents et de professionnels qui ont mis en évidence le manque de places et de structures d’accueil à destination des personnes handicapées.

Rapidement a germé dans la tête des responsables un projet de création d’un service d’accueil de jour pour adultes, lequel a ouvert ses portes en 2003 et accueille quotidiennement une trentaine d’adultes handicapés. "On est un peu la Cour des miracles dans la mesure où l’on rassemble toutes sortes de handicaps, physiques et mentaux", précise le directeur de l’ASBL, Francis Kienen.

Fidèle à son objectif d’intégration dans la société des personnes handicapées et de leurs familles - "trop souvent oubliées alors qu’elles vivent parfois des situations dramatiques" - et convaincue de la nécessité de les prendre en compte tout au long de la vie, l’association liégeoise a lancé il y a peu un projet de création d’une crèche destinée à accueillir les enfants handicapés en bas âge. "Cela répond clairement à un manque, assure Francis Kienen, rien de tel n’existait dans la région ni même ailleurs en Europe et personne n’avait encore osé faire le pas".

Il faut dire que la particularité de ce projet-pilote au niveau européen, qui répond aussi selon le directeur du "Tabuchet" à une demande des thérapeutes, est double.

Il s’agira en effet, aussi et surtout d’une crèche mixte, c’est-à-dire rassemblant des enfants handicapés ou non, âgés de 0 à 3 ans. La future crèche doit accueillir, à terme, une quarantaine d’enfants, un tiers handicapés et deux tiers sans handicap, dans un bâtiment en bois, "à dimension humaine" et "intégré dans le paysage", qui doit être construit à proximité directe des locaux actuels de l’ASBL et que Francis Kienen qualifie de "réussite architecturale".

Bien qu’elle n’ait fait l’objet d’aucune publicité particulière, la crèche suscite déjà l’intérêt non seulement des spécialistes mais aussi des parents puisqu’elle compte à ce jour une liste d’attente pour près de trente enfants.

Outre le soutien de la Ville de Liège, qui a mis un terrain d’une profondeur de quarante mètres à disposition de l’association, cette dernière bénéficie aussi de celui de l’ONE, de l’Awiph, de l’ULg ainsi que des divers hôpitaux liégeois. Le permis d’urbanisme étant déposé, la réponse est attendue avant l’été et le début des travaux est prévu dès après pour une ouverture au plus tard au début de l’année prochaine.