Une fête vachement réussie

Belgique

Paul Vaute

Publié le

Une fête vachement réussie
© Belga

Des autocars sillonnent l'avenue du Parc Royal. Devant les grilles du château de Laeken, ils déposent les invités à la garden-party organisée ce dimanche après-midi. La première de la Cour depuis celle de... juin 1959, qui précéda le mariage d'Albert et Paola.

Ils sont quelque 880 de tous âges et tous milieux, sélectionnés par les gouverneurs de province selon la formule éprouvée lors des deux dernières fiançailles princières. S'y ajoutent 1200 représentants des institutions, de la culture, de l'économie... et la famille royale au grand complet.

Un cadeau vache

En hors-d'oeuvre costaud, un discours du Premier ministre qui, bien au-delà des compliments de circonstance, constitue une véritable défense et illustration de la monarchie. Celle-ci et la démocratie «vont effectivement de pair, souligne Guy Verhofstadt. Et bien plus encore, je suis persuadé que les interactions entre la monarchie et la démocratie nous ont rendu d'innombrables services». Cet équilibre «repose fondamentalement sur un élément «extérieur» à la démocratie qui cherche apparemment un point de stabilité en dehors d'elle-même». La subtilité avec laquelle le Roi porte cet équilibre et les services qu'il rend «forcent notre plus grande admiration et méritent notre plus profond respect».

Onze enfants âgés de dix ans - un par province et un pour Bruxelles - apportent le gâteau d'anniversaire. Le cadeau du gouvernement, lui, est plus inattendu: une des vaches en matière synthétique de l'exposition «Art on cows», en cours dans les rues de Bruxelles, décorée par Vincent Strebelle et Philippe Lebeau. «J'avais d'abord, précise Guy Verhofstadt, pensé à deux collègues politiciens pour faire cela: Rik Daems et Mark Eyskens», peintres à leurs heures. «Mais Mark Eyskens ne fait sortir de son pinceau que des natures mortes tristes, rien donc pour un événement festif. Et Rik Daems travaille la peinture de manière tellement excessive et audacieuse que j'ai craint que la vache ne succombe» !

A boire et à manger

Place à la musique avec L'Ame des poètes, qui interprète des versions instrumentales de quelques classiques de Jacques Brel, et l'orchestre de chambre Prima la musica, dirigé par Dirk Brossé, dont une oeuvre, intitulée «Sire», a été créée en hommage au Souverain. Mais la pluie s'est aussi invitée et de nombreux invités s'égaillent pour s'abriter sous les arbres du domaine ou sous le portique du château. Aux premiers rangs, parmi ceux qui sont restés stoïquement à leur place, Herman De Croo affronte un dilemme cornélien: il doit partager son unique parapluie entre Mgr Danneels à sa gauche et Mme De Croo à sa droite.La réception s'achève dans les serres où il y a à boire et à manger à profusion, des ministres en veux-tu en voilà, des célébrités du sport, du spectacle ou de la culture, de Dominique Monami-Van Roost à Helmut Lotti en passant par les gilles de Jemappes accompagnés en cadence par leur gouverneur de province Michel Tromont. Jean-Luc Dehaene, très entouré, peut vérifier qu'il a toujours la cote. L'ex-Premier des deux derniers Rois y va d'un éloge de la drache nationale (ou fédérale?): «C'est très bien. C'est très belge», assure-t-il.

Comme promis et sans façon, les Souverains, les princes et les princesses se mêlent aux invités. En principe, tout le monde peut aller leur parler. En pratique, il faut souvent patienter... Et le couperet de la fin du raout «new look» tombera trop tôt pour beaucoup.

© La Libre Belgique 2003

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