Alors que les résultats du "Printemps de l'Environnement" seront officiellement présentés ce mercredi matin par les ministres fédéraux et régionaux concernés, les principales organisations environnementales du pays (WWF, Greenpeace, Inter-Environnement Wallonie ainsi que ses pendants flamands et bruxellois) redoutent que ce vaste processus consultatif s'apparente à une "formidable occasion manquée" : "Sauf surprise de dernière minute, le bilan s'avérera particulièrement rachitique".

De son côté, la ministre bruxelloise de l'Environnement Evelyne Huytebroeck (Ecolo) a décidé de ne pas participer à cette présentation. Tout en soutenant, l'initiative de Paul Magnette (PS), celle-ci juge en effet que le travail n'est pas abouti en l'état et se refuse en conséquence à participer à une entreprise de "communication spectacle".

Sur base des informations recueillies à diverses sources et publiées dans la presse ("La Libre" du 30/06), les résultats du "Printemps" s'annoncent "en deçà des attentes les plus pessimistes", dénoncent de concert les associations. "Les mesures faisant l'objet d'un consensus n'ont même pas été reprises dans leur intégralité", déplorent-elles.

Et de citer divers exemples concrets. Au sein de l'atelier "Energie-Climat", un consensus s'était ainsi dégagé entre les parties, "y compris le patronat et les électriciens" pour que l'argent qui pourrait éventuellement être prélevé par le gouvernement sur les profits tirés de la production d'électricité d'origine nucléaire soit partiellement affecté au financement de l'éolien offshore. Mais alors que le ministre Magnette lui-même a toujours soutenu cette proposition, la mesure n'a pas été reprise, fustigent-elles. De même, la mesure préconisant l'alignement des accises sur le diesel au niveau de celles sur l'essence a-t-elle été écartée.

Le Fédéral ne tranche pas

Aux yeux des ONG, les mesures retenues par ailleurs manqueraient également cruellement d'ambition. Qui plus est, le gouvernement ne paraît avoir tranché sur aucun des points n'ayant pu faire l'objet de consensus. Parmi ceux-ci, l'encadrement de la publicité et de l'usage que celle-ci fait des allégations environnementales, la régulation de la vente de pesticides et biocides ou encore la délicate question des voitures de société.

"Le Printemps de l'Environnement risque donc fort de se clôturer sur un constat d'échec d'autant plus amer que non seulement l'initiative ne débouche pas sur les mesures espérées (et indispensables !), mais envoie en outre à la population un signal d'immobilisme en totale contradiction avec l'urgence des changements que la situation exige", concluent les associations.