Belgique

Dimanche soir, dix-neuf des vingt-huit détenus qui s'étaient échappés dans la nuit de vendredi à samedi de la prison de Termonde couraient toujours. Sept détenus avaient déjà pu être rattrapés samedi dans les environs de Termonde. Un huitième fuyard a été récupéré la nuit suivante dans la ville même: il dormait dans un café inoccupé. Les voisins avaient remarqué un vélo posé contre une façade; intrigués, ils avaient alerté la police.

Un neuvième homme a été arrêté dimanche après-midi alors qu'il se baladait dans la rue à Lebbeke, tout près de Termonde; il s'est lui aussi rendu sans violence.

Spectaculaire vu le nombre

Les recherches se poursuivent donc pour retrouver les prisonniers toujours manquants, mais avec un effectif moindre que celui déployé dans les premières heures qui ont suivi l'évasion.

Les faits se sont produits samedi vers deux heures du matin. La plupart des fugitifs sont membres d'une bande de voleurs originaires d'Europe de l'est (ex-Yougoslavie, Géorgie, Croatie, Lituanie, Lettonie, Roumanie...).

«A ma connaissance, c'est la première fois qu'autant de détenus s'évadent ensemble», reconnaissait samedi le directeur de la prison de Termonde, Roland Mertens. De fait. L'évasion massive de samedi - inédite dans les annales judiciaires belges - est spectaculaire vu le nombre d'intéressés qui ont réussi à prendre la clé des champs.

L'évasion a démarré vers deux heures du matin quand deux détenus ont réussi à forcer la porte de leur cellule et pris en otage les trois gardiens de l'étage. En principe, il n'est pas possible d'introduire de clef dans la serrure depuis l'intérieur des cellules, mais les deux intéressés sont parvenus à détacher les matériaux qui recouvrent cette serrure, a expliqué le directeur de l'établissement pénitentiaire de Termonde.

Les détenus ont ensuite menacé les surveillants - deux hommes et une femme - avec un couvert et un morceau de miroir brisé, a détaillé Roland Mertens à l'agence Belga. Quand tous les détenus sont en cellule, trois gardiens sont en permanence affectés à la surveillance de la section.

Escalade du mur d'enceinte

Avec le trousseau de clé dérobé à leurs otages, les deux comparses ont ensuite libéré 26 autres détenus. Mais ils ne disposaient pas des clés ouvrant les portes extérieures de la prison; ils ont donc pénétré dans la cour intérieure pour escalader les murs d'enceinte, se servant de draps pour se protéger les mains des fils de fer barbelé. Une cabine téléphonique placée opportunément ? sur le trottoir devant la prison a permis d'amortir le dernier saut vers la liberté...

S'il n'y a pas eu de blessés au cours de l'évasion, les trois gardiens, pris un court instant en otage, ont été choqués par les événements. Libérés par d'autres détenus, ils ont été pris en charge par un service d'aide aux victimes.

© La Libre Belgique 2006