Elle avait étouffé sa fille de 15 ans qui, disait-elle, voulait en finir avec la vie.

Le jury de la cour d’assises du Brabant flamand a déclaré la neurochirurgienne louvaniste Mehrnaz Didgar (51 ans) coupable de l’assassinat de sa fille Eline Pans. Les jurés ont admis que mère et fille souffraient de dépression. "Mais cela n’altérait pas sa capacité à juger ses actes." L’accusée, âgée de 51 ans, avait tué sa fille Eline Pans par étouffement le 26 juillet 2017. L’adolescente allait avoir 15 ans.

Le jury a pris six heures pour délibérer et a estimé qu’il y avait eu meurtre et préméditation.

Pour la culpabilité d’assassinat, les jurés se sont fondés sur le rapport du médecin légiste. "Il existe des preuves que l’accusée a fait ingurgiter à sa fille une dose importante de diazepam. Elle lui a ensuite placé un sac en plastique sur la bouche et le nez durant 15 minutes. L’accusée avait l’intention de mettre fin à ses jours et à ceux de sa fille." Le jury a jugé que les faits étaient prémédités, en raison du vol et de l’achat des médicaments.

Pas de contrainte irrésistible

Le ministère public a requis 26 ans de prison. "Il n’y a pas eu un mot de regret dans le dernier mot de l’accusée", a-t-il relevé. Comme circonstance atténuante, il ne retenait que son casier judiciaire vierge et sa contribution à la société en tant que médecin.

La défense avait plaidé la contrainte irrésistible, prévue dans l’article 71 du Code pénal - lequel dit qu’il n’y a pas d’infraction "lorsque l’accusé ou le prévenu était en état de démence au moment du fait, ou lorsqu’il a été contraint par une force à laquelle il n’a pu résister".

Invitée jeudi à s’exprimer en dernier lieu, Mehrnaz Didgar a indiqué que "si je pouvais retourner en arrière, cela ne se passerait plus. Depuis le premier moment, il était terrible pour moi d’être qualifiée d’assassin. Je ressens la douleur de Steven. Je sais ce que cela représente pour lui". Steven Pans est le père de la victime et l’ex-mari de l’accusée.

Mehrnaz Didgar n’avait rien voulu demander au jury : "J’accepterai votre décision et je purgerai ma peine sereinement. Il est important que chacun sache que j’ai toujours dit la vérité."