Albert II de Monaco tient sa parole de rompre avec un certain passé. Alors que sous le prince Rainier, l'on se taisait dans toutes les langues sur les spoliations de biens dont des Juifs avaient pu y être victimes en 40-45, le Prince a décidé de créer une commission indépendante chargée d'assister les plaignants dans leurs recherches! Elle sera présidée par le président de l'Association cultuelle israélite, Fernand Levi. Non seulement la commission pourra demander aux autorités monégasques d'ouvrir certaines archives mais les recherches pourront s'élargir vers la France. Dans un communiqué officiel où Albert II affirme une nette «volonté de transparence et d'éthique», l'Etat monégasque va même jusqu'à parler d'indemnisations.

A l'évidence, l'action entreprise par Jean Geismar, un habitant d'Ottignies qui a assigné la Principauté pour les biens spoliés à ses parents, a fait bouger le Rocher. Jean Geismar et son conseil, Me Christian Dailliet, se réjouissent de cette évolution car «la levée du secret des archives assure pour l'avenir un espoir réel de rendre à l'histoire de la Shoah dans la Principauté sa dimension historique réelle». Le plaignant et son avocat forment le voeu «que la démarche s'accomplira en toute clarté» tant à propos du rôle de l'Etat monégasque que de celui des institutions bancaires. Ils se réjouissent, enfin, de ce qui est vraiment un «changement de cap historique»...

© La Libre Belgique 2006