Un courrier est adressé ces jours-ci, sous la forme d'un bulletin, par la ministre wallonne (CDH) de la Recherche, Marie-Dominique Simonet, au conseil de la politique scientifique et aux 22 centres de recherche agréés par la Région. Il s'y confirme que leur situation est disparate et qu'il y a de quoi l'améliorer.

Ces centres se situent à mi-parcours entre la recherche fondamentale (universités et certaines hautes écoles) et la recherche pratiquée au sein des entreprises. Leurs travaux répondent à des besoins essentiellement industriels, aidant au développement de nouveaux produits. On ne les confondra ni avec les centres «de compétence» (versés dans la formation), ni avec les centres ou pôles «d'excellence» (si certains centres de recherche s'appellent encore ainsi, l'appellation devient réservée à des associations de laboratoires universitaires), ni avec les centres «d'entreprises et d'innovation» (qui sont logistiques, via par exemple les infrastructures immobilières d'accueil que sont les incubateurs).

Davantage de recettes

Bref, nos 22 centres de recherche, qui pèsent ensemble un millier d'emplois directs, sont identifiés d'abord avec des points forts. L'excellence de la recherche et développement - un critère qui paraît essentiel... - est citée 13 fois. Reviennent souvent aussi: des recettes propres (liées aux activités, expertises, cotisations) supérieures à 50 pc des ressources globales (total des recettes et subsides, 14 cas), de bonnes relations avec les PME (13), une majorité d'industriels dans les organes (12), de bonnes collaborations (10).

Des faiblesses sont ensuite citées dans 18 centres sur 22 (dont une seule dans 6 cas). Reviennent le plus souvent: des recettes inférieures à 50 pc des ressources (8 fois, dont 5 sous les 30 pc), une trop faible présence des industriels (8), un manque de services voire des activités concurrentes pour les PME (5), des équipements vite vieillis (3). On ne relève qu'une fois l'item

«manque de transparence dans la gouvernance» et, dans un autre cas, la «très lourde charge en personnel».

La taille des centres varie fort, et il n'y a apparemment pas de relation entre elle et la capacité du centre à produire des ressources. Trois des petits centres, de moins de 20 personnes, sont ainsi crédités d'un «excellente situation financière» et d'un «marché» assuré (CTIB, IBS, Cebedeau); pour les centres de taille moyenne (20 à 49 personnes), on va de situations «très difficiles» (Cetic, Biovallée, Cenearo - ce dernier en progression) à des situations «excellentes» (CRM, Cori, CRIBC, CRR) tandis que 2 centres «Objectif 1 » font «une percée remarquable» (Certech, Materia Nova); parmi les plus de 50 personnes, un seul dépend fortement de subventions (Multitel).

Fin juin, avec mise en oeuvre progressive, devraient sortir de nouveaux critères d'agrément et financement public. On en connaît déjà 3 principes, retenus jeudi dernier par le gouvernement wallon. Rayon synergies, il s'agit de les améliorer et les développer entre centres. Rayon gouvernance, il faut renforcer la présence des industriels (au moins 50 pc dans les conseils, davantage dans les comités techniques), avec sans doute une attention particulière aux PME. Et rayon finances, les recettes propres devraient atteindre 50 pc des ressources globales. Car si la recherche relève d'un service public, et donc pour partie d'un financement de même qualificatif, il paraît dans l'intérêt même du centre qu'il puisse pour partie significative s'autofinancer, en contrepartie des guidances technologiques et projets subsidiés par la Région ou l'Europe.

© La Libre Belgique 2006