Belgique

La grève générale de 24 heures décrétée pour le 20 mai par les cheminots de la SNCB a remis sur la table l'idée du service minimum défendue par divers acteurs, notamment certains responsables politiques (MR, notamment) et des usagers des transports publics. Et dans les camps, le sujet ne fait pas l'unanimité. "Il y a division sur le sujet au Comité consultatif des usagers (CCU) de la SNCB. Il y en a qui sont opposés au service minimum et d'autres qui l'estiment possible, mais pas faisable. A titre personnel, je ne suis pas convaincu que le service minimum est réalisable en Belgique, car il engendrerait la pagaille sur les rails. Comment va-t-on mettre en pratique une mesure visant à faire rouler un train sur trois ou quatre ? Le monde qui voudra s'engouffrer dans les wagons sera tellement nombreux qu'on sera très vite confronté à d'énormes problèmes, notamment de sécurité et de violence entre les usagers", dit Philippe Janssens, président du Comité consultatif des usagers (CCU) de la SNCB. Quant à l'utilité de la grève même, il se demande si "c'est le bon moyen de forcer les choses ou d'obtenir satisfaction".

L'Association des clients des transports publics (ACTP) ne décolère pas. "Une fois encore, les usagers seront pris en otage. Ça commence à bien faire. Les cheminot s vont tellement exaspérer les usagers que les autorités vont enclencher la manette du service minimum. Pour nous, il faut l'organiser durant les heures de pointe et offrir un service maximum aux usagers", défend Roger Patinet, vice-président de l'ACTP. Et la sortie de la ministre Inge Vervotte (CD&V, Entreprises publiques) qui le juge irréalisable ? "Quand on a un ministre qui est une ex-syndicaliste, c'est normal qu'on ait une telle position", répond M. Patinet. Du côté syndical, c'est un barrage en tandem contre le service minimum. "C'est impossible à organiser en Belgique, car ça reviendrait à faire travailler 70 à 80 pc des cheminots. Ça ne fera que briser la grève", dit Gérard Gelmini (CGSP-Cheminots). "Nous y sommes opposés, il faut travailler à organiser au sein de l'entreprise un dialogue social constructif et positif et il n'y aura plus de problème", renchérit Dominique Dalne (CSC-Transcom).