«Mise au point», le débat dominical de la RTBF, rebondissait ce week-end sur le «plan Marshall» évoqué dernièrement par le président du parti socialiste, Elio Di Rupo.

Constat commun des invités: la Wallonie a bel et bien un problème économique. Constat personnel de l'un des invités, Henri Capron, professeur d'économie à l'ULB: le déficit d'image de la Wallonie touche aussi l'étranger, même de passage. Le symbole des friches industrielles qui, au rythme actuel, mettront 100 ans à être résorbées, est parlant. Mais le débat fut surtout politique.

Jean-Claude Van Cauwenberghe, ministre-Président de la Région wallonne (PS), avait pu paraître égratigné par la sortie de son président. Puisqu'un plan Marshall serait nécessaire malgré sa présence aux commandes... Et de fait, on sentait dimanche un Van Cau comme sur la défensive, prompt à «renvoyer la patate chaude» ailleurs qu'en Région wallonne. En effet, insistant d'abord sur le fait que, nulle part dans le monde, une région ne peut se redresser seule, il a surtout désigné ses adversaires en parlant de l' «indolence fédérale» et de la «morosité de l'Europe». D'ailleurs, note-t-il également, le même fédéral doit «prendre des mesures fortes» et c'est aussi «à lui que s'adressait Elio Di Rupo».

Côté libéral, Serge Kubla estime que «depuis un an, le gouvernement a perdu son temps», que la priorité doit être «de créer des entreprises» alors qu'on multiplie les plans, sans plus. Du même côté, Alain Destexhe stigmatise la mauvaise gouvernance générale, avec par exemple 131 intercommunales et 27 pararégionaux en Wallonie, beaucoup trop. De surcroît, les retombées politiques seraient partout plus recherchées que les progrès économiques. Et de prendre l'exemple du Tour d'Italie qui, en 2006, aura ses étapes dans des communes belges «choisies» : celles de MM. Van Cauwenberghe, Di Rupo ou André Antoine.

Ce dernier, ministre wallon des Transports, du Logement et du Développement (CDH), estime que la politique fiscale fédérale joue une influence trop négligée et souligne le rôle de l'enseignement et de la recherche.

Jean-Michel Javaux, secrétaire fédéral Ecolo, est pour sa part d'accord avec M. Kubla: «Assez de plans, maintenant il faut mettre les mains dans le cambouis». Mais il veut aussi rationaliser les «instances politiques et économiques» et insiste sur la nécessité de refaire des Charleroi et Liège des pôles de développement.

Si, dans leurs courriers électroniques, les téléspectateurs n'ont pas été tendres pour la gent politique, les syndicalistes l'étaient à peine plus. Ainsi, Raymond Coumont (CSC) dit de M. Di Rupo qu'il n'a fait, avec son «plan Marshall», que «de la com». Et le dit avec une intonation faisant comprendre : «poudre aux yeux».

© La Libre Belgique 2005