A leur sortie de la réunion du "kern", les deux ministres flamands ont qualifié les propos de M. Maingain d'inacceptables et jugé qu'ils dépassait les limites, lorsqu'il compare le refus du ministre flamand Geert Bourgeois de nommer les trois bourgmestres francophones de la périphérie à des pratiques de l'occupation allemande de la Belgique. Ils ont laissé entendre que M. Reynders, par ailleurs président du MR auquel adhère le FDF, aurait bien fait de déclarer que M. Maingain est allé trop loin.

Visiblement contrarié, Didier Reynders n'a pas abordé le sujet, qualifiant en revanche la décision de Geert Bourgeois d'"exécrable" et appellant à ne plus minimiser ce qui se passe dans l'autre communauté. "Cette décision est dangereuse", a-t-il ajouté.

Pour sa part, M. Vanackere a souligné que cette décision n'est pas du tout nouvelle. Il a aussi rejeté les critiques selon lesquelles son parti jouait double jeu selon qu'il se trouve au gouvernement fédéral ou au gouvernement flamand. Selon lui, le nouvel incident ne rendra pas impossible la tenue des négociations communautaires. "Maingain et Bourgeois ne se trouvent pas au centre du débat. La situation est compliquée mais n'en est pas devenue plus compliquée pour autant", a-t-il dit.

Toujours selon le vice-premier ministre CD&V, celui-ci aurait interpellé M. Reynders à propos des déclarations de M. Maingain, pour lui faire clairement savoir son point de vue. "Je ne puis que prendre acte de déclarations stupides et espérer que Reynders prenne la responsabilité de souligner que cela ne peut pas être. Si cela ne se produit pas, nous ne pourrons que tourner la page et constater que tout ce qui est excessif est insignifiant", a-t-il ajouté.

Quant à Guy Vanhengel et à la vice-première ministre Joëlle Milquet, ils ont mis en garde contre le danger de se laiser entraîner dans la surenchère communautaire. Pour le vice-premier ministre Open Vld, le refus de nomination est conforme à ce qui était attendu mais le moment choisi n'est pas innocent. La N-VA entend ranimer le feu communautaire mais nous devons garder la tête froide, a-t-il dit.

Mme Milquet a elle aussi invoqué la nécessité de garder son sang froid. "La N-VA veut mettre des bâtons dans les roues. Ne tombons pas dans le piège et ne participons pas à des petits jeux enfantins", a averti la présidente du cdH.