Le ministre de la Défense Pieter De Crem est ouvert aux propositions qui lui seraient communiquées en vue de revoir les procédures de vente d'équipement par l'armée.

La Libre Belgique a fait état récemment d'informations selon lesquelles l'armée belge aurait vendu entre 2009 et 2012 trente-cinq hélicoptères et deux avions Airbus à une société dont le directeur est soupçonné de blanchiment d'argent et trafic d'armes, celle-ci ayant revendu une partie du matériel à Madagascar où venait de se produire un coup d'Etat.

Indiquant que les ventes en question avaient fait l'objet de plusieurs questions parlementaires au cours des dernières années, Pieter De Crem a dit constater jeudi au Sénat "que l'on parvient à faire un scoop en vendant du vent et en se basant sur de l'information réchauffée".

Selon lui, la Défense a respecté le prescrit légal et l'exclusion d'une firme d'un marché public n'est possible que si celle-ci a fait l'objet d'un "jugement coulé en force de chose jugée". Or, a-t-il précisé, "à ce jour, les services de renseignement militaire et le service d'achats de la Défense ne sont pas au courant d'une condamnation ou d'une enquête concernant la firme MAD Africa Distribution".

Le ministre a précisé que le matériel vendu avait été "démilitarisé" et qu'après la revente, la Défense n'était "plus une partie concernée" et "plus tenue au courant de l'identité d'un éventuel nouvel utilisateur final".

Le sénateur Richard Miller (MR) qui l'interrogeait n'a pas souhaité se pencher plus avant sur le cas particulier de la vente évoquée dans la presse.

Cependant, il a estimé qu'une révision de l'ensemble des procédures s'imposait. Dire qu'une fois les contrats finalisés, la Défense ne s'occupe plus de rien, "c'est insuffisant", a-t-il souligné. Et "on a beau dire (que le matériel) est démilitarisé, expliquez-moi alors pourquoi on achète des tanks ou des avions bombardiers", a-t-il ajouté. Selon lui, il faut réfléchir à la procédure.

Pieter De Crem a appuyé le sénateur MR à cet égard. "Je soutiens les réflexions de M. Miller à ce sujet et reste ouvert à toutes les suggestions",a-t-il dit.