Pour chaque euro investi dans l'infrastructure routière, quatre sont versés aux transports en commun, selon une étude sur les "flux monétaires et les flux de trafic dans le transport privé et public" réalisée par le Dr Evy Crals (Université de Hasselt) et le Dr Herman Matthijs (VUB). Les commanditaires de l'enquête, les organisations automobiles FEBIAC et Touring, exigent en conséquence une meilleure répartition du financement public en matière de mobilité.

"On continue à mettre l'accent sur les transports publics, dans lesquels on investit un montant important des recettes fiscales, tandis que les budgets destinés à l'amélioration, la modernisation et l'extension de l'infrastructure routière se font attendre", a critiqué Moniek Denhaen, de Touring, jeudi lors d'une conférence de presse. L'automobile reste le moyen de transport de prédilection des Belges, constate l'étude sur la mobilité et son financement en Belgique. "Les transports publics ne représentent que 13,6 pc des déplacements entre le domicile et le lieu de travail", indique le Dr Evy Crals qui regrette le manque de statistiques relatives à la mobilité (privée et publique) en Belgique.

Le Dr Herman Matthijs s'est penché sur les dépenses et les recettes de l'Etat, constatant que les sociétés de transports en commun coûtaient cher à l'Etat alors qu'il n'existe "aucun contrôle indépendant de ces sociétés". A l'inverse, le professeur de la VUB précise que les diverses taxes automobiles rapportent plus de 12 milliards d'euros par an. "La voiture est une véritable 'vache à lait' budgétaire pour toutes les caisses publiques du pays", estime le Dr Matthijs.

En conclusion, les chercheurs considèrent que "les transports publics ne constituent plus une alternative à la voiture pour nombre de besoins de déplacement". Le coût annuel des transports publics, outre le TEC dont les chiffres ne sont pas connus, s'élève à 4 milliards d'euros.

"Ce n'est pas une étude menée contre les transports en commun", précise Moniek Denhaen qui estime qu'il faut accroître la complémentarité entre les transports publics et privés. La FEBIAC et Touring s'appuient sur cette étude pour réclamer des solutions "plus efficaces et plus durables" aux besoins de mobilité croissants. Cinq thèses ont été élaborées, revendiquant notamment une meilleure allocation des dépenses publiques aux transports en commun et un accès plus aisé des transports publics en voiture via des parkings gratuits par exemple. La FEBIAC et Touring transmettront leurs recommandations aux trois ministres régionaux en charge de la Mobilité et des Transports publics.

"Les transports publics reçoivent chaque année une enveloppe de plus de quatre milliards d'euros, alors qu'à peine 1,3 milliard est investi dans l'infrastructure routière, malgré le fait que seul un déplacement sur dix se fait en transport en commun", constate Luc Bontemps de la FEBIAC. "Une meilleure répartition des moyens s'impose", dit-il.