La Ligue des Droits de l'Homme (LDH) s'est félicitée lundi de la condamnation prononcée lundi par la Cour européenne des Droits de l'Homme envers la Belgique pour une gifle infligée par des agents de la police de Saint-Josse-ten-Noode à deux jeunes en 2003 et 2004.

"Cette décision oblige la Belgique à combattre sérieusement des abus policiers qui restent trop souvent impunis. En effet, les policiers mis en cause ont toujours nié avoir donné ces gifles et ont obtenu un non-lieu devant les tribunaux belges, malgré des certificats médicaux établis le jour des faits par les victimes et décrivant les traces visibles", souligne la Ligue dans un communiqué.

Outre ces faits de violences, la Ligue se réjouit aussi de la condamnation de la Belgique pour l'absence sérieux de suivi par la justice belge de la plainte déposée par les deux frères envers les agents.

"Il n'y a pas eu d'expertise médicale, ni de confrontation entre les victimes et les policiers mis en cause. Les policiers ont été blanchis quasiment sur la base de leurs seules déclarations, ce qui est inacceptable. Les tribunaux belges ont banalisé la gravité de la violence subie par des personnes qui étaient entre les mains des policiers", souligne-t-elle.

Depuis 2013, un Observatoire des violences policières mis sur pied par la LDH recueille des témoignages de victimes ou témoins sur son site www.obspol.be.


La CEDH donne raison à la famille Bouyid après des violences policières

Le conseil de la famille Bouyid, Me Christophe Marchand, a souligné lundi l'importance de l'arrêt de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) qui vient d'être rendu en faveur de sa cliente. "La famille Bouyid se plaignait d'être victime de harcèlement policier depuis de longues années. La cour a, en lui donnant raison, rappelé à la justice et aux policiers belges les principes qui valent dans un Etat de droit", a-t-il communiqué lundi. "En des termes clairs et sans équivoque, la Cour condamne l'attitude des policiers, qui avaient toujours nié les faits malgré les certificats médicaux déposés. De plus, la Cour fustige l'attitude des juridictions bruxelloises, qui n'ont pas mené une enquête effective et ont négligé de rendre justice à la famille Bouyid", a estimé Christophe Marchand.

La CEDH a rendu un arrêt, lundi, concernant des plaintes d'une famille bruxelloise qui n'avaient jamais abouti, à propos de violences policières. Les victimes, Saïd et Mohamed Bouyid, frères de l'avocate bruxelloise Samira Bouyid, avaient dénoncé des mauvais traitements subis dans un commissariat de leur commune, Saint-Josse-ten-Noode, en décembre 2003 et en février 2004.

Saïd Bouyid, qui était mineur fin 2003, avait protesté contre son arrestation pour vérification d'identité et avait été giflé par un policier. Mohamed Saïd, lui, avait également été giflé par un policier, deux mois plus tard, alors qu'il était auditionné à propos d'une altercation.

Les policiers concernés avaient été inculpés mais les autorités judiciaires avaient déclaré le non-lieu.

La CEDH a estimé qu'il y avait violation de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme, qui interdit les traitements inhumains ou dégradants.

Elle a condamné les autorités belges à verser 5.000 euros à chacun des deux frères pour dommage moral.