Les enquêteurs ont rapporté, mardi, devant la cour d'assises de Bruxelles, qu'ils avaient découvert une bouteille d'acide sulfurique concentré à 96% lors de la perquisition chez Richard Remes (57) le jour même des faits.

Ils ont fait état de l'enquête menée au sujet de ce produit. Richard Remes, appelé le "vitrioleur", est accusé de tentative d'assassinat sur son ex-maîtresse, Patricia Lefranc (45), en décembre 2009. Il l'avait brûlée en lui jetant de l'acide sulfurique au visage. Un collègue de travail de Richard Remes à Bruxelles-Propreté avait affirmé aux enquêteurs qu'au cours d'une mission dans le centre de Bruxelles, en novembre 2009, l'accusé s'était arrêté dans une droguerie, rue de Laeken. Il en était ressorti avec une bouteille.

"Nous avions effectué une enquête auprès du commerçant", ont rapporté les policiers, mardi. "Celui-ci nous avait montré une copie de tickets de caisse du mois de novembre 2009. Parmi ceux-ci, trois correspondaient à un achat d'acide sulfurique de la même marque que celui retrouvé chez Richard Remes. Ces achats se situaient entre les 5 et 7 novembre 2009", ont expliqué les enquêteurs.

Richard Remes avait été interrogé une première fois sur la provenance de ce produit découvert dans son appartement. Il avait affirmé l'avoir acheté au Brico de Berchem-Sainte-Agathe plusieurs mois auparavant.

"Nous avions interrogé le gérant du Brico qui nous avait répondu qu'étant donné le degré élevé de concentration de ce produit, il n'était pas autorisé à la vente dans son commerce", ont encore affirmé les enquêteurs.

Richard Remes avait admis ensuite avoir acheté l'acide sulfurique, ou vitriol, dans la droguerie de la rue de Laeken et non au Brico.

Il avait également maintenu, lundi, lors de son interrogatoire, qu'il avait acheté ce produit dans le but de nettoyer la batterie de la voiture de sa fille, et que plus tard seulement, l'idée d'une agression à l'acide sulfurique avait "germé dans son esprit".

Les enquêteurs avaient également entendu un mécanicien à ce sujet. Celui-ci leur avait affirmé qu'un acide sulfurique à 96% était plus dangereux que bénéfique pour les batteries de voiture.

Le drame avait eu lieu en début d'après-midi le 1er décembre 2009, dans l'immeuble où résidaient la victime comme l'accusé, avenue du Sippelberg à Molenbeek-Saint-Jean.

Richard Remes avait aspergé le visage et tout le haut du corps de Patricia Lefranc, son ex-maîtresse, d'acide sulfurique.

Hospitalisée au service des grands brûlés de l'Hôpital militaire Reine Astrid de Neder-over-Heembeek, celle-ci s'en était sortie après de nombreux mois de soins et plus de 80 interventions chirurgicales, notamment des greffes de peau.

Elle en avait cependant gardé de graves séquelles physiques, défigurée et ayant perdu l'usage d'un oeil, d'une oreille et d'un doigt.

Concernant les produits dangereux, les enquêteurs avaient aussi constaté que l'accusé avait fait des recherches sur le web à propos de l'acide sulfurique mais aussi du cyanure et de pesticides.

Enfin, Richard Remes avait avoué être l'auteur des dégâts constatés, en novembre 2009, sur la voiture de Patricia Lefranc, en déversant de l'acide sulfurique.