Retour sur une matinée agitée Rue Neuve... et au Lambermont

Vers 5h30 du matin, la police locale de Bruxelles Capitale Ixelles a été appelée par une personne déclarant avoir été enlevée en voiture et déposée rue Neuve avec une ceinture d’explosifs qui devait être déclenchée à distance par une tierce personne.

La police s’est immédiatement rendue sur les lieux et a identifié la personne (J.B., °1990). Celle-ci a répété avoir été enlevée et revêtue d’une ceinture d’explosifs. La police a effectivement repéré sur la personne ce qui pouvait s’apparenter à une ceinture d’explosifs.

Le parquet a été avisé et a donné pour instruction d’établir un périmètre de sécurité et a requis l’intervention immédiate du SEDEE (Service d’Enlèvement et de Destruction d’Engins Explosifs), de la police judiciaire fédérale et de la recherche locale de la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles. Les démineurs ont retiré la ceinture à l’individu et l’ont examinée. Après une première inspection, il s’est avéré qu’elle contenait du sel et des biscuits. Toute menace d’explosion a pu être a priori écartée. Le périmètre de sécurité a été levé.

Connu de la justice et problèmes psychiatriques

J.B. a quant à lui été interpellé par la police et emmené afin d’être auditionné. Lors de son premier contact avec la police, il avait fourni des informations permettant d’identifier avec précision le véhicule dans lequel il avait déclaré avoir été enlevé. Celui-ci a été retrouvé stationné dans une rue dans la commune de Schaerbeek. Son propriétaire devrait être entendu.

J.B. est connu de la justice pour divers faits, y compris certains liés à des problèmes psychiatriques. Il avait également été impliqué en 2014 dans un dossier du parquet fédéral. Il avait notamment pris contact récemment avec la police en déclarant avoir été incité à partir rejoindre l’Etat islamique en Syrie. Ces déclarations ont fait l’objet d’une enquête au parquet de Bruxelles au cours de laquelle plusieurs personnes ont été auditionnées, sans qu’elles n’aient pu être confirmée ou infirmée à ce stade.

J.B. fait actuellement l’objet d’une enquête approfondie visant à déterminer s’il est en lien ou non avec des faits de terrorisme, ou s’il s’agit plutôt d’une fausse menace d’attentat.



Charles Michel annule une émission radio

La "mine grave", le Premier ministre, qui devait participer à une émission sur Bel RTL de 7h50 à 9h, avait quitté précipitamment son rendez-vous, jugeant la situation à City 2 très sérieuse. En quittant sa résidence du Lambermont où était organisé le débat avec des auditeurs, il s'est refusé tout autre commentaire, renvoyant les journalistes au Parquet de Bruxelles pour des informations plus détaillées. D'urgence, le premier s'est rendu au centre national de crise situé au Ministère de l'Intérieur.

Vers 9h, Charles Michel annonçait que "la situation est sous contrôle" en quittant le centre de crise où avait lieu une réunion du conseil national de sécurité en présence des ministres Jan Jambon et Koen Geens. "Les services de sécurité restent extrêmement vigilants", a-t-il précisé.

Cet épisode en direct a sans aucun doute participé à la dramatisation et à la médiatisation de l'évènement, d'autant que la presse réagit de moins en moins aux nombreuses alertes à la bombe de ces dernières semaines.