ATTENTION: ceci était le poisson d'avril de La Libre le 1/4/2019.

Après le blocage de la loi Climat et vu la belle mobilisation des jeunes, plusieurs mesures scolaires sont prises en urgence. 

La pression pour demander une politique climatique plus ambitieuse ne faiblit pas. Ce dimanche encore, et malgré le rejet de la loi Climat au Parlement la semaine dernière, une manifestation nationale et européenne était notamment organisée à Bruxelles par le collectif citoyen Rise for Climate. Et, chaque jeudi, des centaines de lycéens et étudiants marcheront encore pour le climat en différents endroits du pays.

C’est précisément l’engagement des jeunes qui a fait réaliser à la ministre de l’Éducation, Marie-Martine Schyns (CDH), que l’école est un bon point de départ pour faire bouger les lignes. Comme, en plus, les élèves ont montré leur énorme motivation, elle a fait adopter en urgence un vaste plan "Écoles pour le climat" qu’elle détaille à La Libre en exclusivité.

Les mesures adoptées concernent, dès ce lundi matin, l’ensemble des élèves de 6 à 18 ans. La circulaire envoyée dans les écoles pour les informer en détail mentionne toutefois "une période de tolérance avant que des sanctions ne soient appliquées". On peut y lire que "celles-ci feront l’objet d’une prochaine communication". De bonne source, il s’agirait d’imposer des investissements écologiques en contrepartie. Entre-temps, des séances d’information seront organisées pour les parents, car ceux-ci figurent souvent en première ligne des nouvelles directives.

1. Chauffage : pas plus de quinze degrés

Toutes les chaudières doivent dès à présent être bloquées par vannes thermostatiques sur 15 degrés. Aucune dérogation ne sera accordée à cette consigne. On le sait, les coûts de chauffage représentent une grande partie des frais de fonctionnement des écoles pour lesquels une dotation de subsides est prévue. Cette dotation ne sera pas rabotée pour autant, la différence pouvant être utilisée pour soutenir d’autres mesures prévues par le Plan (1).

2. Transport : la chasse aux moteurs

Quelques écoles avaient déjà montré la voie, imposant des rues interdites aux voitures aux heures d’entrée et de sortie des classes. L’initiative a non seulement fait ses preuves, mais elle a surtout montré l’énorme capacité d’adaptation des familles. Pas de problème, dès lors, à franchir une étape supplémentaire. Les enfants habitant à moins de six kilomètres ont l’interdiction d’arriver en voiture. Ils devront désormais se présenter à pied ou à vélo. La trottinette est également autorisée, mais seulement à partir de la première secondaire.

Attention à tous les autres qui seront en auto : les enseignants sont invités à dénoncer les parents qui laisseront tourner leur moteur à proximité des écoles.

3. Électricité : fin des sonneries et distributeurs de cannettes

Une diminution de la production de CO2 passe aussi par une réduction des dépenses énergétiques. Globalement, instruction est donnée de faire la chasse aux appareils branchés inutilement. En particulier, les distributeurs de boissons fraîches (consommation : environ 400 kWh/an) doivent disparaître des couloirs.

C’en est fini, aussi, de la traditionnelle sonnerie pour signifier la fin des cours. La cloche d’autrefois fait son grand retour !

4. Fournitures : stop au gaspillage de papier

Même si le papier est de plus en plus (et de mieux en mieux) recyclé, un important gaspillage apparaît dans les classes. Dans l’impossibilité de mettre en place un contrôle efficace, il est donc décidé de remplacer les feuilles de notes par les ardoises de jadis pour toutes les interrogations écrites.

Une réflexion est en outre entamée concernant l’ensemble des fournitures scolaires (pour tendre vers l’interdiction générale du plastique).

5. Repas : gourdes et boîtes à tartines

Les emballages en plastique et en aluminium à usage unique ne sont plus tolérés. Seuls les conditionnements en papier, les gourdes et les boîtes à tartines sont autorisés. La viande sera par ailleurs supprimée de tous les menus. Pas question bien sûr, surtout aujourd’hui, de toucher au poisson…

On notera que ce package de mesures semble répondre à l’attente d’actions concrètes exprimée par le citoyen. Une pétition lancée la semaine passée par deux mamans pour réclamer la disparition des barquettes en plastique à usage unique dans lesquelles sont servis les repas aux enfants liégeois a récolté plus de 2 000 signatures en quelques jours. De bon augure quant à l’accueil que devrait recevoir le plan.

(1) Le budget récupéré pourra, par exemple, soutenir l’achat de cloches (prévues au point 3), de boîtes à tartines et gourdes (point 4) aux couleurs de l’école ou d’ardoises et de craies (point 5).