Belgique

Selon les derniers chiffres du ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA), 83% des personnes interpellées au volant sous influence de l'alcool étaient des hommes, le taux montant jusqu'à 94% pour conduite sous influence de la drogue. Ces résultats sont représentatifs d'un comportement généralisé chez les hommes, y compris lors d'accidents impliquant la vitesse.

D'après Benoît Godart, porte-parole de l'Institut belge pour la Sécurité routière (IBSR), deux raisons expliquent ces chiffres : les détenteurs du permis de conduire sont majoritairement des hommes et ceux-ci roulent plus que les femmes, tout simplement. Au-delà de ces observations chiffrées, le comportement des hommes au volant est largement remis en cause : "De manière générale, ils prennent plus de risques, que cela soit au niveau de la vitesse, du port de la ceinture ou des conditions de conduite. A l'inverse, les femmes endossent plus facilement le rôle de BOB et sont plus conscientes des risques".

Belinda Demattia de l'Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR) confirme les analyses de l'IBSR. Elle ajoute que "lors de mesures d'attitudes, les hommes évaluent à la baisse la dangerosité des situations. Au contraire, il ressort clairement lors de ces tests que les femmes sont davantage conscientes des conséquences de leurs actes. L'expression 'Femme au volant, mort au tournant' est donc tout à fait exagérée". D'autre part, une explication biologique vient s'ajouter à ces hypothèses selon elle : "A l’adolescence, le taux de testostérone est multiplié par 14 chez les garçons et cette substance joue un rôle dans les comportements agressifs et la prise de risque, ce qui peut également se répercuter sur la route. Les accidents de la route sont d’ailleurs la principale cause de mortalité chez les jeunes hommes (20-24 ans)".

Des primes basées sur l'égalité, pas sur les statistiques

Assuralia, l'Union professionnelle des entreprises d'assurances, affirme que la prime d'assurance de base est identique pour les hommes et les femmes. "C'est une directive de l'Europe qui nous a contraints à égaliser les primes pour éviter toute discrimination", commente Wauthier Robyns d'Assuralia.

Les compagnies d'assurances savent donc que les femmes causent moins d'accidents graves que les hommes mais ne peuvent pas revoir leur prime à la baisse. Pour adapter celle-ci, les compagnies jouent donc principalement sur d'autres variables comme le type de voiture, certaines marques étant par exemple plus conduites par des hommes que par des femmes. Wauthier Robyns conclut pas le fait que "certaines compagnies n'hésitent pas à viser prioritairement les femmes, notamment à travers un marketing plus féminin en utilisant des couleurs vives et un design plus approprié de leur site internet".