La féminisation accrue des assemblées devient-elle, au moins pour partie, spontanée ? A l’inverse, reste-t-elle fort redevable de ces espèces de "discriminations positives" que sont les obligations de parité des genres et de débuts d’alternance sur toutes les listes de candidats ? Toujours est-il que les soucieuses et les soucieux de la cause sont ravis : jamais un scrutin législatif n’avait généré l’élection directe d’autant de femmes aussi bien à la Chambre qu’au Sénat.

Globalement, l’équilibre quantitatif n’apparaît plus, s’il en est, un objectif inaccessible puisque le boulier compteur de ce 13 juin s’est arrêté sur l’ensemble des 190 élus (75 députés et 40 sénateurs directs) à 76 femmes, soit pile 40 % des hémicycles.

C’est un peu moins à la Chambre seule : 38,6 %. Et c’est moins côté francophone (22 élues sur 62 députés, ou 35,5 %) que dans le groupe linguistique néerlandais (36 élues sur 88 députés, ou 41 %). Par parti, Ecolo (4 élues sur 8, 50 %) précède l’Open VLD et le SP.A (chacun 6 élues sur 13, 46 %), ensuite la N-VA et le CDH (respectivement 12 femmes sur 27 et 4 sur 9, ou 44 %).

Soit un total de 56 députées sur 150 membres. Elles n’étaient encore que 18 au soir des législatives de 1999 (on avait alors étrenné le quota d’un tiers de candidates, sans imposition d’alternance); elles sont passées à 52 en 2003 (le grand boom) et 55 en 2007.

La progression est évidemment plus massive en remontant plus avant : en 1971 encore, les femmes n’atteignaient pas 3 % des membres de la Chambre; puis végétèrent durant 20 ans dans une fourchette allant de 5,6 % (en 1981) à 9,4 % (en 1991).

Côté Sénat, on dépasse les beaux 40 % tout ronds, pour 42,5 %. Soit un total de 17 sénatrices sur les 40 élus directs de l’assemblée. Autre record : elles étaient 15 en 2003 et 12 en 2007.

De nouveau, le groupe néerlandophone est plus féminin, avec 11 femmes sur 25 élus ou 44 %. Moyennant des pointes de 50 % au CD&V (2 sur 4) et de 55 % à la N-VA (5 sur 9), Groen ! étant hors concours (une élue).

Quant aux francophones, les dames sont 6 sur 15 soit 40 %, avec des pointes de 50 % à Ecolo et au CDH (1 élue sur deux sièges attribués de part et d’autre).

Cela étant, le nombre de femmes qui siégeront effectivement au Parlement fédéral n’est pas encore connu. C’est surtout vrai au Sénat, que l’on sait devoir être complété des membres communautaires et cooptés (cette indication pour la comparaison à venir : en 2007, on est arrivé à 27 sénatrices sur 71 membres, ou 38 % de représentation féminine). Mais c’est vrai aussi à la Chambre comme au Sénat au regard du jeu des suppléances.

Celui-ci est redevable des montées d’élus dans les gouvernements, mais pas seulement. Ainsi, dès lundi, il était acquis au CDH luxembourgeois qu’Isabelle Poncelet, élue en deuxième effective, laissera sa place à Josy Arens, premier suppléant, au moment où celui-ci ne devra plus suppléer à Benoît Lutgen, élu premier effectif, à son départ du gouvernement wallon pour la présidence du parti. Comme un petit couac dans la symphonie féministe du moment ?