Rudy Demotte n’en démord pas. Il a donc soumis, jeudi au gouvernement wallon, une note d’orientation à l’enseigne - qui s’en était allée et qui est revenue - d’"identité wallonne". Les collègues l’ont adoptée, avec un enthousiasme que l’on peut pressentir mesuré sinon variable.

Aujourd’hui, affirme et répète le ministre-Président (PS), "la Wallonie possède sa stratégie socio-économique, le plan Marshall 2.vert, qui bénéficie de l’adhésion de l’ensemble des acteurs wallons. En revanche, il manque toujours à la Wallonie un projet unificateur et mobilisateur qui soutienne une conscience collective wallonne décomplexée. 2010, année du trentenaire, offre l’occasion d’envisager cette question".

Ce n’est pas là qu’un concept. Tout l’exécutif Olivier désormais entend mener l’auguste mission "sur le plan symbolique des références collectives". Etant entendu que les réflexions seront menées en concertation avec le Parlement wallon, et aboutir pour l’automne, celui des Fêtes de Wallonie et des 30 ans de la Région. Quelles références ? Voici, outre le développement souhaité de supports pédagogiques :

1La consécration du nom de "Wallonie". Préféré donc à "Région wallonne" où l’on ne décrit que "la partie d’un tout", Demotte dixit. Le gouvernement entend procéder à sa reconnaissance officielle. Ce que l’Elysette ne rappelle pas, c’est qu’elle implique une révision de la Constitution, et partant que les Flamands consentent à porter "Bruxelles" à même hauteur sémantique que "Wallonie" et ""Flandre" pour qualifier semblablement les trois régions de cet heureux pays

2L’unification de la visibilité extérieure. "Elle se traduira par une utilisation exclusive du "coq hardi" (NdlR, patte levée) en guise d’emblème et de logos". Question, dans la foulée : la Communauté française peut-elle, doit-elle, garder le même drapeau ?

3Capitale régionale. Un décret devra être adopté, qui consacre la reconnaissance aujourd’hui "officielle mais imparfaite" de Namur.

4Une décoration. Au Parlement, on parle de médailles (nos précédentes éditions). A l’Elysette, on souhaite en tout cas "un système unique de reconnaissance". Reconnaissance de Wallons à distinguer pour l’excellence dans leur domaine, "leurs actes notoires" ou dont "l’action bénéficie à la Wallonie. Il s’agit ainsi de contribuer à la fierté et au respect des Wallons".

5Formule. Depuis que d’aucuns ont pu railler le souci de M. Demotte de trouver une "devise" qui s’ajoute au drapeau et à l’hymne officiels, il parle désormais de "formule emblématique". Soit. Mais il n’est pas question d’en appeler à l’imagination citoyenne. L’affaire est dans le sac, si l’on ose ici une formule familière. Ce sera "Wallonie, terre d’accueil", dont on connaît déjà l’implantation à l’entrée de routes qui ne font pas la fierté des Wallons Soit encore. L’usage de cette formule, communique le cabinet Demotte, "sera généralisé afin de promouvoir l’image de la Wallonie aussi bien à l’interne du pays qu’à l’extérieur, notamment en matière d’investissements étrangers".