Il est aux alentours de 10 heures ce vendredi matin lorsque des fourgons de la police de Bruges sont aperçus du côté de l'Eglise Stella-Maris de Zeebruges, où a été formé un camp de migrants iraniens, qui attendent de passer vers la Grande-Bretagne. Comme chaque matin depuis des semaines, des résidents locaux leur distribuent gratuitement un petit déjeuner, des objets de première nécessité (couvertures, oreillers, vêtements etc.) ainsi que des médicaments pour les migrants qui nécessitent des soins.

Une fois les repas avalés, les policiers brugeois décident d'intervenir, dans le calme, et d'embarquer la trentaine d'Iraniens présents sur les lieux. Edouard Dufrasne, journaliste freelance travaillant actuellement pour NBC News était présent au moment des faits. "Le plus choquant ce n'est pas spécialement le fait qu'ils les aient embarqués mais plutôt le fait qu'un camion poubelle et des éboueurs soient arrivés dans la foulée pour jeter toutes leurs affaires, sans distinction", explique-t-il à LaLibre.be.

© Dufrasne

Du côté des résidents, c'est la consternation. "Ils sont outrés, dégoûtés même. Certains sont des pensionnés qui dépensent la majorité de leur argent pour leur venir en aide. Et du jour au lendemain, ils se retrouvent à nouveau sans rien...", poursuit le journaliste. Il cite également le cas d'un migrant qui n'a pas retrouvé son sac à dos dans lequel étaient rangés ses papiers d'identité. "L'homme en question était passé par l'Allemagne et disposait d'un document officiel. Désormais, c'est comme s'il repartait de zéro puisque ses papiers sont partis en direction de la décharge..."

Le diocèse de Bruges a réagi fermement, dans un communiqué, concernant la manière d'agir de la police."D'un point de vue humanitaire et chrétien, nous estimons inacceptable que l'on refuse à des gens une aide médicale et alimentaire. Il n'est pas non plus acceptable que les biens personnels des migrants finissent dans un sac poubelle", explique le vicaire Kris Depoortere. Le diocèse continuera de soutenir le groupe de travail de l'église Stella Maris.

© Dufrasne

Contacté par les soins d'Edouard Dufrasne, le chef de corps de la zone de police de Bruges, Dirk Van Nuffel, s'est exprimé sur le sujet. "Ils ont l'habitude de cette procédure et nous leur demandons de toujours veiller à bien prendre leurs documents avec eux. Comme il y a un roulement régulier dans les migrants présents dans le camp, nous devons rester vigilants", lui a-t-il signifié.

Fin janvier, à la Chambre, Jan Jambon s'était déjà exprimé sur ces camps de migrants qui voient le jour à la Côte belge. "Je ne tolérerai pas qu'à Zeebruges et dans les environs s'installent des camps de tentes comme à Calais", avait précisé le ministre de l'Intérieur.