A vous de bien choisir

Le Botanique propose les oeuvres de quarante jeunes plasticiens italiens souvent inconnus chez nous.Un ensemble hétéroclite et de qualité variable.

Claude Lorent

A part les quelques artistes italiens, Paolo Piscitelli, Salvatore Licitra, Massimo Vitali, Grazia Toderi dont l'oeuvre est une des plus marquantes de l'ensemble, Mario Airo, régulièrement montré par des galeries belges, la plupart de la quarantaine de participants à cette exposition sont inconnus chez nous. Rien d'anormal dès lors que nés à la fin des années soixante ou plus tard, ils sont jeunes et entament leur carrière dans les galeries de leur pays ainsi qu'en atteste la provenance des oeuvres. En ce constat, le nord est plus généreux que le sud du pays.

A part ces quelques renseignements bien anodins, que nous dit cette exposition sinon qu'il existe en Italie, comme partout ailleurs, des artistes plasticiens dont les pratiques sont essentiellement individuelles? On n'y décèle ni mouvement particulier, ni tendance nouvelle. Tout ou presque, au contraire, se glisse dans le moule hétéroclite de la production actuelle et sous le label du plus grand dénominateur commun: l'IAC (International artistiquement correct). Dans ce vaste ensemble, chacun fera donc ses choix en fonction de ses propres critères, mais une difficulté supplémentaire surgit! Comment juger de la pertinence d'une démarche quand on nous propose une seule oeuvre d'un artiste dont on ne connaît rien? Dans ce cas, cette oeuvre seule sera donc à prendre en considération, d'autant plus que l'absence de catalogue privera de tout renseignement a posteriori et même de toute trace de cette exposition. Heureusement pour le visiteur, chaque oeuvre est assortie d'un bref commentaire... à prendre juste comme une indication.

Impossible de passer le tout en revue, cela ne présenterait par ailleurs aucun intérêt, le plaisir en ce cas restant celui de la découverte, de la surprise, de l'étonnement. On effacera quelques poncifs de taille - deux fauteuils tête bêche reliés par un fil rouge! - , quelques participations décoratives - des plexiglas fluo - et formalistes - des peintures grises traversées d'une zone plus plate -, pour retenir quelques participations plus pertinentes. Notamment cette photo noir et blanc de Beyrouth de Gabriele Basilico: un exemplaire de concision; les photos de Sandrine Nicoletta sur l'inconfort; les prints en couleurs de Donatella Di Cicco qui stigmatise la fuite du temps non sans humour; les photographies de Giada Ripa di Meana empreintes d'une nostalgie sur la beauté éphémère; les mystérieuses géométries champêtres de Sabrina Torelli ou l'amusante performance filmée de Marzia Migllora.

En fin de compte, on sort de cette exposition en sachant que la jeune création contemporaine en Italie correspond à ce qu'elle est ailleurs, disparate, inégale, appelée à devoir confirmer sa prestation actuelle.

Assenze / Presenze: une nouvelle génération d'artistes italiens. Une quarantaine de jeunes plasticiens. Botanique, 236 rue Royale, Bruxelles. Jusqu'au 14 décembre. De 11h à 18h. Fermé lundi.

© La Libre Belgique 2003