Trois propositions temporaires + one

L’exposition temporaire du premier étage est une franche invitation à visiter celle permanente du rez-de-chaussée, consacrée à l’artiste pour qui le musée existe : Idel Ianchelevici. Ce dernier, sculpteur et dessinateur (Roumanie, 1909 - France, 1994), a acquis la nationalité Belge et a vécu chez nous de 1928 à 1950. Son œuvre, essentiellement de pierre et de marbre, est consacrée à la statuaire de personnages expressifs. Pour cette "Expo 3", il a été proposé aux trois invités d’interpréter, à leur façon et sous forme d’hommage, l’œuvre du sculpteur. Chacun se l’approprie en fonction de sa propre démarche, et en livre une relecture qui conduit immanquablement à revoir les originaux. Le regard le plus proche est celui de la photographe Florence Doléac, le plus conceptuel est celui de David de Tscharner, le plus décalé est sans conteste celui du Louviérois (1978 - vit à Bruxelles) Eric Croes.

Claude Lorent

L’exposition temporaire du premier étage est une franche invitation à visiter celle permanente du rez-de-chaussée, consacrée à l’artiste pour qui le musée existe : Idel Ianchelevici. Ce dernier, sculpteur et dessinateur (Roumanie, 1909 - France, 1994), a acquis la nationalité Belge et a vécu chez nous de 1928 à 1950. Son œuvre, essentiellement de pierre et de marbre, est consacrée à la statuaire de personnages expressifs. Pour cette "Expo 3", il a été proposé aux trois invités d’interpréter, à leur façon et sous forme d’hommage, l’œuvre du sculpteur. Chacun se l’approprie en fonction de sa propre démarche, et en livre une relecture qui conduit immanquablement à revoir les originaux. Le regard le plus proche est celui de la photographe Florence Doléac, le plus conceptuel est celui de David de Tscharner, le plus décalé est sans conteste celui du Louviérois (1978 - vit à Bruxelles) Eric Croes.

Ce dernier travaille à partir des photos du catalogue du musée qu’il remet en page par collage, soit d’images, soit de ces petits stickers amusants dont l’aspect ludique n’échappera à personne. Ce faisant, il transforme totalement les (images de) sculptures en glissant des sens étrangers aux desseins du sculpteur, car les sous-entendus et les décalages constituent autant de dérapages, certes, contrôlés, mais qui conduisent l’œuvre initiale vers des aventures bien inédites et en couleurs ! Quant à ses peintures sur panneaux de bois, elles ne manquent pas d’humour, particulièrement quand un personnage en pierre taillée se retrouve dans les bras d’ours ! David de Tscharner (Suisse, 1979 - vit à Bruxelles) s’approprie également les images du catalogue, et dans un exercice pictural de recouvrement, isole des détails des sculptures. Ce dispositif correspond à des structures à caractère géométrique, qui contrastent avec la veine expressive sculpturale dont il révèle ainsi des aspects qui passeraient sans doute inaperçus dans une vision plus globale des pièces. Processus qu’il répète diversement dans les vitrines à l’aide de morceaux de sculptures récupérés.

Se tenant au plus près de l’œuvre d’Idel Ianchelevici, la Française Florence Doléac (1968 - vit en France) a imaginé redonner vie et chair aux sculptures en réalisant un film dans lequel chaque séquence correspond à la mise en place des postures des personnages du sculpteur. Pour réaliser cette approche par laquelle on pourra déceler les interventions du sculpteur par rapport aux réalités physiques, et, donc, mesurer la distance prise avec tout naturalisme ou réalisme, elle a demandé à des comédiens nus d’interpréter les diverses scènes, réanimant par-là les pierres taillées et instaurant une nouvelle intimité, ainsi qu’une actualité avec une forme d’art de tradition historique traitée avec la sensibilité actuelle et les moyens d’aujourd’hui.

Expo 3. Eric Croes, David de Tscharner, Florence Doléac. Musée Ianchelevici, 21, place Communale, La Louvière. Jusqu’au 17 mars. Du mardi au vendredi, de 11h à 17h, samedi et dimanche, de 14h à 18h. Fermé le lundi et les 10, 11 et 12 mars. Infos : www.ianchelevici.be

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