L’art peut être directement politique

L’art peut être directement politique, comme c’est le cas du dissident chinois, Ai Weiwei. Plusieurs expos lui rendent hommage à Venise. Le hall du pavillon allemand est envahi par sa nuée de chaises montant jusqu’au toit.

L’art peut être directement politique
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G.Dt à Venise

L’art peut être directement politique, comme c’est le cas du dissident chinois, Ai Weiwei. Plusieurs expos lui rendent hommage à Venise. Le hall du pavillon allemand est envahi par sa nuée de chaises montant jusqu’au toit. Sur l’île de la Giudecca, il couvre toute une salle avec des milliers de tiges à béton, faisant paysage. Mais il est surtout là, spectaculaire, dans l’église Sant Antonin, entre Saint Marc et l’Arsenale. Quand on y entre, on découvre six énormes boîtes d’acier corten d’1,5 m de haut, comme six sarcophages. Sur chacun, une petite ouverture sur le haut et une autre sur le côté, permettent de voir des dioramas hyperréalistes en 3D qui montrent pour la première fois comment Ai Weiwei a vécu en prison, au secret, pendant 81 jours, en 2011. Les autorités chinoises l’enfermèrent sans procès ni information, sur une accusation de fraude fiscale mais surtout pour lui faire peur. Il avait secoué tout le système en lançant sur Internet une vaste enquête sur les origines économico-politiques (corruption), qui ont fait du tremblement de terre dans le Sichuan en 2008, une catastrophe tuant de nombreux écoliers. Pékin voulait le faire taire. Mais la pression internationale permet de faire libérer l’artiste, qui reste cependant interdit de sortie du territoire.

Dans les six boîtes, on voit l’artiste, chaque fois entouré de tout près par deux soldats : il mange, dort, prend sa douche, se repose dans une minuscule cellule qu’il doit partager avec ses deux gardiens. Ai Weiwei a donné à chaque « caisse » un titre dont les premières lettres forment le mot « Sacred », une manière de placer son épreuve dans un lieu religieux, de montrer le martyre de l’artiste.

Le pavillon de la Grèce, dans les Giardini, parle aussi de politique. Comment faire encore de l’art quand tout se délite ? Le gouvernement grec avat indiqué qu’il était plus utile que jamais de faire de l’art et d’être à Venise.  Les trois films du vidéaste Stefanos Tsivopoulos montrent trois rapports à l’argent dans le contexte d’Athènes : un immigrant africain pousse un charriot de supermarché plein de rebuts dans Athènes sale ; un artiste branché cherche son inspiration dans les graffitis qui ont envahis les murs d’Athènes ; une riche collectionneuse dans son appartement–musée, transforme ses liasses de billets de 500 euros, en origamis. L’artiste ajoute des panneaux didactiques expliquant les modèles de société qui se passent de cet argent (l’euro) qui a créé toute cette misère.

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