Le puits de Dante et Béatrice

Pas loin des Offices se trouve le musée Salvatore Ferragamo, dans le palais Spini Feroni. Dans le vaste sous-sol, se trouve un beau musée bâti autour d’un puits ancien dont on dit qu’il fut le lieu où Béatrice retrouva Dante.

G. Dt à Florence
Le puits de Dante et Béatrice

Presqu’à côté des Offices, près du "Ponte Vecchio", sur la petite place "di Santa Trinità", se trouve le musée Salvatore Ferragamo, dans le palais Spini Feroni. Dans le vaste sous-sol, se trouve un beau musée bâti autour d’un puits ancien dont on dit qu’il fut le lieu où Béatrice retrouva Dante. On laissera aux fans de la mode le plaisir de revoir là les plus célèbres chaussures de Ferragamo, objectivement splendides, et qui habillèrent les pieds de Bette Davis, Marlène Dietrich, Greta Garbo, Nicole Kidman ou Audrey Hepburn. Un art en soi.

Mais ce musée laisse aussi une très large place à l’art moderne et contemporain, avec, jusqu’au 12 avril 2015, une riche exposition autour du thème de l’équilibre, point essentiel bien sûr pour un chausseur.

Peintures, sculptures, dessins, vidéos, installations se suivent. On retrouve la vidéo de la performance historique de Marina Abramovic se séparant de son compagnon Ulay après qu’ils aient marché tous deux tout le long de la Grande Muraille de Chine. On admire celle de Bill Viola sur un homme dans le désert approchant lentement, puis entrant dans la caméra et révélant une explosion d’images avant de repartir comme un point sur l’horizon. On retrouve des figures de danseurs de l’art étrusque et romain, des beaux plâtres de Degas et de Rodin. Aux murs, les grands dessins que fit la chorégraphe Trisha Brown à même le sol, sur des feuilles blanches. Les équilibres de Calder et les architectures filiformes de Fausto Melotti alternent avec des dessins de Kandinsky et de Picasso. George Segal y a une grande femme acrobate rouge accrochée à son fil et Marino Marini, trois splendides sculptures. De petits dessins et photos rappellent les équilibres féériques des danseurs Nijinski et Isadora Duncan ou ceux si rigolos de Chaplin. Un parcours de toute beauté, surprenant, au cœur de Florence.

Giuseppe Penone

Dans un Florence hors des sentiers battus, ne manquez pas de grimper (c’est raide !) au "Forte Belvedere", au-dessus des jardins Boboli du "Palazzo Pitti". Réalisé entre 1590 et 1595, ce fort émane d’un projet de l’architecte Bernardo Buontalenti commandité par le grand-duc Ferdinand Ier de Médicis, fils de Cosme Ier, à une époque sans troubles. De là-haut, on a une vue magnifique sur toute la ville. Cette année, jusqu’au 5 octobre, il y a une belle occasion de le découvrir. Giuseppe Penone, qui installa l’an dernier ses grandes sculptures végétales et ses arbres de bronze dans le parc de Versailles, occupe cette année les jardins Boboli et le "Forte Belvedere". Face à la vue sur Florence, on retrouve son arbre foudroyé dont l’intérieur est doré, ses arbres de bronze portant de lourds rochers hauts dans le ciel, son arbre à l’envers faisant des racines une corolle nouvelle. C’est la première exposition personnelle de Penone à Florence et elle est magnifique.