Ces fous de machines folles

Belle exposition sur le "Transfert vers l’invisible" au musée "art&marges" à Bruxelles.

Ces fous de machines folles
Guy Duplat

De nombreux artistes ont été fascinés par les machines. Les œuvres de Panamarenko ou Tinguely pour ne prendre que ces exemples, se trouvent à cheval entre l’art, le scientifique, l’ingénieur et le poète. Le beau musée "art&marges", rue haute à Bruxelles, est dirigé par Tatiana Veress qui a monté une très belle exposition sur ces folles machines que des artistes ont conçues pour dialoguer avec l’invisible et le rendre visible.

L’exposition rend d’abord hommage à deux figures tutélaires : Heinrich Anton Müller (1865-1930) qu’appréciait Tinguely et qui fut enfermé dans un hôpital où il construisit d’imposantes machines en branchages dont un télescope géant reconstruit à l’exposition grâce à l’artiste Valentin Malartre.

On retrouve aussi l’univers délirant de Jean Perdrizet (1907-1975) qui passa sa vie à élaborer des beaux plans complexes de machines et les envoyait au comité Nobel, au CNRS et à la Nasa. Il en construisait pour écrire sur des feuilles les voix des esprits.

Sous la peau

A côté d’eux, Tatiana Veress a sélectionné des artistes contemporains. Lucas Taevernier (né en 1953) construit des totems, assemblages d’objets et de céramiques dont le but, dit-il, est de transformer l’énergie négative qui rôde en énergie bénéfique.

Ne manquez pas à l’étage, une démonstration de "Tous les corps sont transparents" de Michel Goyon (né en 1963). Il dessine sur des cahiers A4 qu’il assemble sur une machine aux lumières travaillées. Sur les feuilles qu’il fait tourner peu à peu, apparaît un homme dans des couleurs chamarrées. Chaque fois qu’il tourne les pages de ses cahiers, apparaissent les couches cachées de l’homme jusqu’à arriver au squelette qui brille grâce à une peinture phosphorescente. Plein de poésie.

Le jeune Jackson Auzou (né en 1995 !) construit des fragiles antennes de branches comme le faisait Müller. François Winants capte via Internet les mouvements de la Terre qu’il traduit en dessins réalisés en continu sur un mur. On ne peut manquer à l’entrée les automates amusants de Gilbert Peyre (né en 1947) : une table, une chaise qui danse, un repas avec champagne dont le bouchon saute et verre à trinquer… mais sans personne. L’homme est invisible, seuls les objets bougent dans cette mécanique en délire.


--> "Transfert vers l’invisible", musée art&marges, rue haute 312, 1000 Bxl, jusqu’au 8-02, fermé le lundi; www.artetmarges.be

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