Un Delvaux intime à Saint-Idesbald

Le musée Paul Delvaux inaugure des expos temporaires et crée ses éditions.

Claude Lorent
Un Delvaux intime à Saint-Idesbald
©DR

Au moment où l’œuvre du peintre Paul Delvaux vient d’être remise en valeur par une exposition au musée d’Ixelles, il est bon de se souvenir que depuis 1982, la Fondation Paul Delvaux a ouvert à Saint-Idesbald un musée consacré entièrement à la vie et à l’œuvre de l’artiste.

Installé dans une ancienne maison de pêcheurs, le musée, à travers une sélection des 68 huiles, des 3 000 dessins et aquarelles et des 38 carnets de croquis qui lui appartiennent, propose un parcours complet dans l’œuvre. Récemment restructuré, dirigé par l’historienne de l’art Julie Van Deun, le musée veut se donner dès ce printemps une nouvelle vie.

Grâce au dépouillement progressif des archives et aux nouvelles acquisitions dont trois dessins des années 30, le musée entend désormais se donner un caractère scientifique et développer de nouvelles activités, notamment sur le plan pédagogique. Un nouveau site vient d’être créé. Il sera mis en ligne progressivement selon un plan bien défini.

Œuvres de mémoire

Les deux grandes nouveautés de ce musée totalement auto-financé sont d’une part la création d’une ligne éditoriale à travers les Editions de la Fondation, d’autre part le développement des expositions temporaires qui devraient faire découvrir des aspects méconnus, voire inconnus, du travail de l’artiste.

Deux expos s’ouvrent en cette période de vacances pascales. La première, consacrée aux cartes de vœux réalisées entre 1955 et 1960, est doublée de la première publication reprenant l’ensemble des dessins sélectionnés sur la trentaine consignée dans les archives.

Au nombre de 21, ils sont réalisés à l’encre de Chine sur papier-calque, de manière à pouvoir être reproduits, accompagnés des vœux manuscrits de l’artiste et de son épouse. On y retrouve les thématiques chères au peintre et même des sujets traités dans certains tableaux. Hormis huit d’entre eux, exposés à Liège puis au Japon où l’artiste jouit d’une immense réputation, ils sont inédits.

Peindre par cœur

La seconde exposition temporaire est consacrée à un autre aspect très intime de son art : les dessins de mémoire (1986-1989).

Atteignant les 90 ans, gagné par la cécité, ne distinguant plus que les ombres, Paul Delvaux, connaissant sa palette par cœur, se fia à sa mémoire gestuelle pour réaliser des aquarelles et encres de Chine de grand format. Il les consacre à la femme, son motif de prédilection. Approximatifs mais incroyablement libres, ces dessins font avant tout passer les émotions profondes et l’admiration de la femme. Une excellente découverte !


-> Paul Delvaux’s Best Wishes et Dessins de mémoire. Jusqu’au 3 janvier 2016.

-> Foundation Paul Delvaux Museum, P. Delvauxlaan, 42, 8670 St. Idesbald. Du mardi au dimanche de 10h30 à 17h30 (jusqu’au 30/9); Du jeudi au dimanche (1/10/15 au 3/1/16).

-> Paul Delvaux’s Best Wishes, publication, textes de la Fondation, d’Alain Berenboom et citations de l’artiste; commentaire et reproduction des 21 cartes de vœux.