Pour Halloween, Charles Picqué sort ses… monstres délirants

Un clin d’œil en dessins, au Centre d’art fantastique de Saint-Gilles.

Christian Laporte
Pour Halloween, Charles Picqué sort ses… monstres délirants

Précision liminaire : Charles Picqué ne compte pas abandonner le perchoir du Parlement bruxellois, ni son bureau maïoral à Saint-Gilles pour se lancer dans une carrière d’artiste. Ce sont pourtant bel et bien des dizaines de créations de son imagination un brin fantasmagorique et puisqu’il le dit lui-même, délirante qu’on découvrira jusqu’au 8 novembre puis le 11 novembre et enfin lors de la nuit des musées bruxellois au Caf, le Centre d’art fantastique implanté dans les anciennes glacières à la rue qui a pris leur nom.

En fait, ce sont ses amis qui l’ont poussé à exposer enfin ses étranges êtres tantôt inquiétants, tantôt très belgo-surréalistes qu’il a griffonnés de manière presque machinale pendant des centaines de discussions à tous les niveaux de pouvoir auxquels il a prêté son expertise et son bon sens empreint de solides outils sociologiques.

Entre deux rapports à la maison aussi…

Tout moment de liberté - mais aussi visiblement, de suprême ennui et de franche lassitude - a été exploité au long de négociations de tous ordres mais aussi lors de conseils communaux, de conférences de presse, de débats dans les assemblées démocratiques et, last but not least, chez lui. Car lorsqu’il étudie des dossiers difficiles dans la quiétude de son domicile, Picqué s’octroie toujours quelque détente pour des "miquets" qui constitueraient un joli thème pour un colloque de psychanalystes.

Science-fiction et heroïc fantasy

"N’y cherchez pas ce qu’il n’y est pas !" nous souffle le bourgmestre-caricaturiste. "C’est un simple passe-temps qui me permet de décrocher un instant avant de me replonger intégralement dans la discussion, dans les débats. Je confie alors mon imagination à tous les documents qui me tombent sous la main."

De fait : ses êtres fantastiques ornent aussi bien la "Une" d’un programme de gouvernement régional que des documents du comité de concertation, de l’Union européenne ou du gouvernement fédéral du temps où il était ministre des Grandes Villes. Rien n’échappe à sa soif d’expression, même pas les revues de presse où on le voit affirmer, en néerlandais dans le texte qu’"il faut combattre les préjugés". "Je suis passionné de science-fiction depuis mon adolescence; ceci explique sans doute cela…" Charles Picqué fait aussi un lien avec son amour pour les châteaux forts qu’il collectionne de longue date "mais ici dans la veine de l’heroïc fantasy avec des dragons et des êtres très monstrueux."

Quant à se trouver des inspirateurs, le président du Parlement bruxellois se la joue modeste : "Pour moi, c’est du Picqué mais d’aucuns y voient du Jérôme Bosch, du Keith Haring et du Franquin… Inutile de vous dire que je n’en tire nulle gloriole !"

N’empêche, Michel Dircken, conservateur du Centre d’art fantastique, et son équipe ont intégré les dessins de Picqué dans leur programme d’Halloween. Mieux : les visiteurs pianoteront sur un clavier qui fera rugir, hurler ces drôles de bêtes lorsqu’on appuie dessus. Et les plus jeunes sont invités à colorier et à remplir les phylactères qui rendent les monstres encore plus sympas.

Pour Halloween, Charles Picqué sort ses… monstres délirants
©Charles Picqué


Pour Halloween, Charles Picqué sort ses… monstres délirants
©Charles Picqué



---> Au Caf - Centre d’art fantastique, 18, rue de la Glacière, à 1060 Saint-Gilles. Entrée gratuite. Renseignements : www.fantastic-museum.be

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