Très beau musée de Palestine… mais vide

Un musée comme les terrasses du paysage a été inauguré pour "relier tous les Palestiniens".

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©AFP
Guy Duplat

Ce mercredi 18 mai, l’autorité palestinienne a inauguré le très attendu « Palestinian museum », à Birzeit au nord de Jérusalem, près de Ramallah. Mais cette ouverture se passe sur fond de crise. Le directeur du musée et initiateur de ce qui devait être l’expo d’ouverture « Never part », Jack Persekian, vient d’être évincé et remplacé par Mahmoud Hawari venu du British Museum. Et si le musée s’est ouvert, il reste vide, l’expo d’ouverture ayant été rejetée.

L’idée d’un « musée de la Palestine » était née déjà en 1997 pour commémorer la « Nakba », la « catastrophe » et l’exode forcé que fut pour eux la création d'Israël en 1948. Le projet a été porté par une ONG, « Welfare » et s’est concrétisé il y a trois ans, par l’engagement de Jack Persekian comme directeur, le choix d’un site (l’université de Birzeit) et d’un bureau d’architectes, Heneghan Peng basé à Dublin. Ce bureau avait déjà gagné le concours du gigantesque « Great Egyptian Museum » à côté des pyramides au Caire, construit par Besix et prévu pour 2018.

Leur musée de 3000 mètres carrés à Birzeit a une forme en Z successifs, directement inspirée des « terrasses » construites par les fermiers dans le paysage avoisinant. Le musée d’un coût total de 24 millions de dollars payés par l’ONG, comprend aussi un amphithéâtre et des vastes jardins et vergers.

Jack Persekian a fait évoluer l’idée de départ pour que le musée ne soit pas consacré à la seule histoire de la région, mais soit un lieu de préservation, d’interprétation et d’exposition de la culture palestinienne y compris contemporaine. Dans les territoires palestiniens comme dans la diaspora, un musée qui puise supprimer les frontières imposées par l’occupation israélienne. La moitié des Palestiniens aujourd’hui vivent hors de Palestine.

Expo Never Part

Jack Persekian proposa que la première expo soit « Never Part », une extension de l’expo qu’il présenta en 2008 à Bozar. Acteur majeur de l’art contemporain palestinien, il fut en effet, déjà le commissaire de l'exposition déjà appelée « Never Part » qui s’est tenue au Palais des Beaux-arts en 2008, dans le cadre du festival Masarat Palestine, organisé dans toute la Communauté française.

Pour cette expo, il avait demandé à des artistes contemporains palestiniens de montrer une oeuvre ou un objet auquel ils tiennent tant qu'ils ne veulent, en général, pas l'exposer et qu'ils refusent de vendre. C’est ce concept qu’il proposait pour l’ouverture du musée de Palestine, en y montrant des objets (clés d’anciennes maisons abandonnées lors de la Nakba, photographies anciennes, etc.) que les réfugiés palestiniens gardent encore des maisons qu’ils avaient en 1948.

Il dirige aussi la fondation-galerie d’art contemporain « Al-Mamal » pour l'art contemporain, installée en plein coeur de la vieille ville de Jérusalem. La Fondation créée en 1998, propose des workshops, des résidences d'artistes et des programmes de communication. Des artistes comme Mona Hatoum, Nasser Soulmi, Samir Srouji et Susan Hijab y ont résidé.

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