Au S.M.A.K, la diversité des langages visuels actuels à Gand
Publié le 27-07-2018 à 09h22 - Mis à jour le 27-07-2018 à 11h42
:focal(975x493:985x483)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/ipmgroup/ZD2MMQCS2BBBBFMHQIZ2ZPMQYM.jpg)
Art A Gand, le S.M.A.K. multiplie par cinq l’offre estivale des expositions.Plutôt que de miser sur une grande exposition, le musée d’art actuel de la cité de Charles Quint, en plus de son espace permanent consacré à quelques œuvres de Marcel Broodthaers, propose rien moins que cinq expositions d’artistes belges et étrangers porteurs de la diversité de l’art contemporain. Globalement, cette offre privilégie des modes d’expression qui ont appartenu à l’avant-garde artistique depuis la fin des années soixante, à savoir, l’usage de la technologie pour aborder les images, une part franchement expérimentale, la prépondérance de la vidéo en ses divers aspects et de l’objet repris sculpturalement, le tout dans une orientation nettement conceptuelle qui exclut quasiment les pratiques traditionnelles. Il est symptomatique de constater que les travaux des neuf lauréats de l’exposition des jeunes artistes récemment diplômés d’une école supérieure d’art de Belgique s’inscrivent dans le prolongement d’une esthétique pauvre, commune, suite de recherches issues des années soixante et septante continuant à faire la part belle aux matériaux prosaïques et à l’exploitation de la mise en forme sommaire d’une idée. Cette part visiblement prisée de l’art actuel par les sélectionneurs soucieux d’un "up to date", est aussi le reflet d’un air du temps privilégié dans l’enseignement.
Solos inédits et vidéos
La vidéo est mise en exergue à travers la présentation de cinq œuvres de la collection dont l’installation circulaire de Marie-Jo Lafontaine de 1984 sur les toreros et les danseurs de flamenco, dont une vidéo projection de 1999 de Pipilotti Rist et trois réalisations des années deux mille de Annika Larson, Saskia Olde Wolbers et Nicolas Provost. Avec forte empreinte vidéo, toute la complexité de la démarche critique Zhang Peili (1957) s’exprime avec détermination dans le premier solo muséal européen de l’artiste chinois. Une œuvre qui trace des méandres entre les options esthétiques non reconnues au pays et des contenus sociétaux, politiques, commerciaux, en implications analytiques et réprobatrices. Une démarche puissante, très réfléchie, solidement construite et percutante. On ne négligera pas l’échantillonnage d’œuvres de Leo Copers (Gand, 1947) de 1969 à 1974, particulièrement caractéristiques des mouvances de l’époque et des thématiques en action dans sa démarche, à savoir, notamment, la dangerosité, la menace, la tension, la vigilance, la peur.
Une autre première personnelle est consacrée à des interventions de Nina Canell (Suède, 1977 - vit à Berlin) qui travaille principalement sur les énergies contenues dans les matières, mises en action pour les dispositifs sculpturaux, sonores ou saisis à travers les mouvements des images en vidéo. Dans la salle principale, elle a créé une série de sculptures verticales en matière composite naturelle et pigmentation, dont la forme se modifie tout au long de l’expo en fonction principalement de la chaleur. Des dalles au sol, avec gel et eau, interagissent aussi avec l’extérieur.Claude Lorent
Broodthaers, collection vidéo, Prix Coming People, Leo Copers, Zhang Peili, Nina Canell/Energy Budget. S.M.A.K., Citadelpark, 9000 Gand. Jusqu’au 2 septembre. Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h. www.smak.be