Le Musée L dévoile lettres et manuscrits inédits d’Apollinaire, Victor Hugo et Prosper Mérimée

Les inédits de Victor Hugo, Prosper Mérimée ou Apollinaire enfin dévoilés.

Le Musée L dévoile lettres et manuscrits inédits d’Apollinaire, Victor Hugo et Prosper Mérimée
©Belga

L’affaire, il est vrai, était tentante. Carl Norac, notre infatigable poète national, gardait jalousement depuis vingt ans des lettres inédites d’Apollinaire, entre autres trésors. Puisque aux côtés des manuscrits du grand Guillaume trônaient sur la table de la scène des Musées royaux des Beaux-Arts des manuscrits d’Alfred de Vigny, de Châteaubriand, de Victor Hugo, d’Hugo Claus, d’Alexandre Dumas ou encore de Prosper Mérimée. Que du beau monde ! Pour leur prêter voix, le comédien Thierry Hellin, qui a l’étoffe et la carrure des grands. L’alchimie entre les deux hommes fonctionne donc à merveille et, si C. Norac aime raconter, avec les détails qui en font le sel, la manière dont il a obtenu ces précieux documents, Th. Hellin donne, lui, aux inédits le souffle du romantisme, avec la retenue de mise. De quoi se nourrir dignement au Midi des mots secrets des poètes, l’une des Collections d’instants du poète associé aux Midis de la poésie. Et savourer, à leur juste valeur, ces écrits d’autrefois, où l’artiste mettait tout le soin voulu à la missive la plus anodine, où la langue se délectait de rondeur, d’aisance et de raffinement.

Plat de consistance, la lettre d’Apollinaire à Lou, l’une des cinq jamais dévoilées jusqu’ici, vint après une belle mise en appétit, dont les "copeaux" de Victor Hugo, "beau comme un chanteur des Doors quand il était jeune", précise Carl Norac, ou une lettre d’Apollinaire, qui vante ses connaissances artistiques et linguistiques en vue de trouver un emploi. Mais voici, en substance, des extraits de la fameuse lettre, écrite depuis les tranchées, le 30 mai 1915, à une époque où les amants s’écrivaient tous les jours : "[…] J’ai fait semblant d’obéir. […] J’ai cru qu’ils étaient morts […] Je les retrouve. Ils étaient sains et saufs. J’espère bien, petite Lou, que tu ne montreras pas mes lettres. J’y mets de tout pêle-mêle. J’ai trouvé aussi ce matin les premières fraises des bois. […] Je suis bien fatigué ce soir, petite Lou, et fatigué du manque de draps. Un lit, un drap, c’est quelque chose. […] Je t’écrirai un poème en fleurs demain. Ton poète Gui."

À voir encore ce jeudi, à 12 h 40, au Musée L de Louvain-la-Neuve. Infos : www.midisdelapoésie.be

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