Une exposition à l'ULB plonge dans le mythe des sorcières

Une exposition à l'ULB plonge dans le mythe des sorcières
©pexels
Belga

Nez crochu, verrue sur le nez, à califourchon sur un balai ou séductrice dangereuse... Les images affluent dès que l'on prononce le mot "sorcière". Avec l'exposition Witches, qui s'ouvre mercredi à l'Espace Vanderborght à Bruxelles, l'ULB Culture propose de croiser les histoires réelles de ces femmes avec leurs représentations à travers les âges et les arts. Lancée opportunément à quelques jours d'Halloween et en place jusqu'au 16 janvier, l'exposition de l'Université libre de Bruxelles invite à plonger dans l'univers des sorcières au travers de plus de 400 œuvres et objets ethnographiques. "Tremblez, les sorcières sont de retour...", allèche l'ULB Culture, qui a conçu cette exposition avec la Ville de Bruxelles.

À la fin du Moyen Âge, le stéréotype de la femme diabolique donne naissance au mythe de la sorcière, une femme dangereuse qu'il vaut mieux envoyer au bûcher plutôt que de se voir transformé en crapaud... Depuis, cette figure a été réhabilitée par les mouvements féministes, démontrant que les femmes étaient poursuivies pour sorcellerie en raison de leur transgression des codes patriarcaux plutôt que pour de supposés pouvoirs maléfiques.

Personnage incontournable des contes, films et bandes dessinées, la sorcière est aussi devenue un symbole de la lutte féministe, notamment par le biais du groupe W.I.T.C.H à Wall Street en 1968, et réapproprié tant par les mouvements queers que féministes, dans les manifestations et les productions artistiques.

L'exposition Witches propose de comprendre cette évolution par un voyage allant des premiers procès en sorcellerie aux contes de fées, en passant par la peinture et le cinéma. "À la croisée de l'Histoire et des mythes, des sciences sociales, de la philosophie et des études de genre, le parcours explore les enjeux de société qui nourrissent les archétypes de la figure de la sorcière."

Un programme a en outre été conçu pour les familles et le jeune public avec un jeu de piste, des dessins, une bibliothèque thématique...

Plus de 60 institutions ont été impliquées dans cette exposition, dont les musées de la Ville de Bruxelles, le Musée de la vie wallonne ou le KBR (le nouveau nom de la Bibliothèque royale de Belgique). Elle a été réalisée avec l'Ensav-La Cambre, qui a impliqué des groupes étudiants dans la scénographie et le graphisme du parcours.