Un village du sud de la France savoure le retour de son Rembrandt

Le Mas-d’Agenais, village du Sud-Ouest de la France, vient de récupérer son trésor, un tableau "inestimable" de Rembrandt, six ans après son exil à Bordeaux, à une centaine de kilomètres, à cause d’une vitrine défaillante.

AFP
Un village du sud de la France savoure le retour de son Rembrandt
©Philippe LOPEZ / AFP

L’histoire a fait que ce bourg de 1 500 âmes dans le grenier maraîcher et fruitier du département du Lot-et-Garonne, est l’improbable propriétaire d’un tableau peint par le maître de la peinture hollandaise en 1631, à l’âge de 25 ans.

Tout commence en 1804 quand un capitaine des armées napoléoniennes natif du village, Xavier Duffour, acquiert le tableau, sans signature apparente, dans une vente aux enchères à Dunkerque, dans le Nord de la France, avant d’en faire don à la paroisse l’année suivante.

Un siècle plus tard, lorsqu’une loi promulguée en 1905 décide de séparer l’Église de l’État, l’œuvre devient la propriété de la commune.

Elle est classée en 1918 Monument historique par l’État, qui reconnaît ainsi son intérêt patrimonial, mais ne sera authentifiée qu’en 1959 lorsqu’une restauration au musée du Louvre à Paris exhume l’illustre signature : RHL, pour Rembrandt Harmenszoon de Leyde.

Pendant des décennies, "Le Christ en croix" est exposé aux yeux de visiteurs parfois lointains, tantôt dans une simple armoire en bois, puis dans une vitrine, mais "sans aucune espèce de haute sécurité". "N'importe qui aurait pu le piquer", résume le maire du Mas-d'Agenais , Claude Lagarde.

La mairie a donc "mis le paquet" pour lui offrir une nouvelle vitrine ultra-sécurisée reproduisant la ventilation naturelle à laquelle il a toujours été habitué, le tout entouré d’un système d’alarme complet de capteurs et de caméras de surveillance.

En 2021, une maison de vente interrogée par le quotidien régional Sud-Ouest l'avait estimé à 90 millions d'euros, l'équivalent de 70 années de budget au Mas-d'Agenais.