Les Rencontres de la photographie d’Arles : un festival prometteur

Aux Rencontres d’Arles, un programme copieux, féministe, mais pas que…

Les Rencontres de la photographie d’Arles : un festival prometteur
© Mitch Epstein / Courtesy Galerie Thomas Zander

Sur papier, les Rencontres d'Arles qui vont débuter lundi prochain sont prometteuses, alléchantes même. L'an passé à la même époque, on se réjouissait de voir ce festival de photographie le plus prestigieux au monde reprendre après son interruption en 2020 pour cause de pandémie. Mais, comme nous le titrions alors, on s'était résolu à une "édition intermédiaire". Christoph Wiesner, le nouveau directeur, devait à la fois assumer certaines des expositions qui n'avaient pas pu être montrées l'année d'avant tout en dévoilant déjà certaines de ses thématiques de prédilection. Après ce tour de chauffe, le voici donc en situation.

Conviction

Sa préface à cette édition, autant dire son texte d'intention, est sans ambiguïté. Manifestement, les débats sociétaux actuels formeront cette fois encore l'épine dorsale de sa programmation. Son souhait est de provoquer des prises de conscience, des "révélations", de faire voir "ce qui prend du temps à apparaître" partant de la conviction que "la photographie, les photographes et les artistes qui s'en emparent sont là pour nous rappeler ce que nous ne voulons ni voir ni entendre."

Comment ne pas être d'accord ? Ceci dit, en parcourant les expositions dès la semaine prochaine on se souviendra que, comme le réclame Emanuele Coccia qu'il cite, "c'est au sensible, aux images que l'homme demande un témoignage radical sur son propre être, sa propre nature". Ceci particulièrement dans un festival de photographie dont on attend que les formes soient la traduction, ou mieux, le fer de lance des convictions et des engagements et pas seulement un habillage. La révélation qu'il appelle de ses vœux doit procéder du raccourci artistique et pas des mantras à la mode.

Emancipation

Dans sa programmation, Christoph Wiesner a fait la part belle aux femmes, aux auteures. On s'en réjouit évidemment en pensant à la place congrue qu'il leur a trop longtemps été laissée. On s'en réjouira encore plus quand on ne devra même plus le mentionner. Pour le moment, en présentant l'exposition Une avant-garde féministe des années 1970 à la Mécanique Générale, son choix est de montrer que la photographie a été pour nombre de femmes "un des moyens d'expression majeurs d'émancipation pour se révolter, comme le dit Lucy Lippard, contre le culte du génie masculin ou l'hégémonie de la peinture pour une réinvention radicale de l'image de la femme par les femmes".

Mais ceci dit, le reste du programme met plutôt en avant des thèmes comme Performer, ou Emerger (Prix découverte Louis Roederer) ou encore Explorer et témoigner qui, lorsqu'on regarde les expositions qui les développent, n'ont rien de gratuit ou de léger. Entre Bettina Grossman, Susan Meiselas, Bruno Serralongue et Mitch Epstein, il y aura de quoi se rassasier. Sans compter durant la semaine d'ouverture ce quasi sous festival qu'est le "Arles Books" avec le "Prix du Livre" et le "Dummy Book Award".

Sans compter également le "Grand Arles Express" avec ses expositions dans dix villes de la région (de Marseille à Avignon et de Nîmes à Toulon). On voudrait nous garder en Provence deux mois qu’on ne s’y prendrait pas mieux.

Les Rencontres de la photographie d'Arles Photographie Où Arles, programme consultable sur www.rencontres-arles.com Quand Du 4 juillet au 25 septembre

Les Rencontres de la photographie d’Arles : un festival prometteur
©IPM