Arts et Expos

Alors que son ouvrage, "La transparence et le reflet" - une somme qui pouvait au premier abord impressionner par son volume et son titre mystérieux - sortait à peine en librairie, Serge Bramly nous recevait chez lui dans son bureau à Paris. Un bureau tout au bout d’un escalier en colimaçon. Derrière la toute petite porte, nous n’aurions jamais pu nous figurer la hauteur des murs couverts de livres et l’échelle qui était alors nécessaire pour gravir ces mètres de connaissance.

Serge Bramly est romancier, mais il est aussi historien de l’art. Et ce qu’il nous a livré, avec cet ouvrage, c’est une initiation à l’histoire de l’art comparée. Comme il le dit avec amusement, " une rencontre prolongée avec l’histoire de l’art ", car il craint qu’on ne lui parle encore de l’épaisseur de son livre. Et alors qu’on aurait pu croire que cet ouvrage était trop compliqué, trop élitiste, que notre table de chevet ne résiste pas au poids de la connaissance, on se retrouve nez à nez avec une pensée lumineuse, comme le rire du penseur d’ailleurs, qui, c’est épatant, n’est pas du genre blasé. " Quand on lit des textes sur l’art à notre époque, on a tendance à baisser les bras, c’est un langage dont on se trouve trop éloigné. L’art contemporain a fait du tort à l’histoire de l’art, en la conceptualisant."

C’est ainsi qu’il a décidé de faire partir sa réflexion du sensible, d’un matériau bien intégré dans notre quotidien (au point qu’on n’y fasse plus attention) : le verre. Dans "La transparence et le reflet", l’historien, à petits pas, faits de fables et de pérégrinations dans les musées du monde entier, passe de l’étude d’un matériau à un point de vue sur l’art des civilisations qui l’ont utilisé. Résumé d’une discussion qui nous mène de Pline l’Ancien à, hop hop, l’art contemporain.

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