Birth Day : 14 histoires de naissance en images

Arts & Expos

Jean-Marc Bodson

Publié le - Mis à jour le

Birth Day : 14 histoires de naissance en images
© Lieve Blancquaert

Dès l’entrée de son exposition, “Birth Day” chez ING, Lieve Blancquaert livre le propos de son travail de deux ans sur la façon dont le monde accueille les enfants : “ Nous naissons tous de la même manière, mais tout change dès que nous poussons notre premier cri. La manière dont un enfant vient au monde est le miroir de la société qui l’entoure, et l’endroit où se trouve notre berceau détermine notre avenir.” D’Israël à la Sibérie, de Shanghai à Rio de Janeiro, la photographe est donc allée à la rencontre de mères en train d’accoucher.

Plus de 50000 photos plus tard, elle est revenue avec une expo, un livre ainsi qu’une série de neuf épisodes télévisés (diffusée sur la VRT), montrant des portraits de nouveau-nés, de leurs familles et de la société au sein de laquelle ils naissent. Tout est impeccable dans cette exposition “Birth Day”. D’abord, la scénographie somptueuse telle qu’en rêveraient à deux pas de là des musées subsidiés par la Communauté française. Ensuite, les tirages photographiques : grands, très grands avec des couleurs éclatantes et un “piqué” du tonnerre qui n’omet aucune trame de tissu, aucun détail de peau. Enfin, les photographies elles-mêmes, ni trop spectaculaires ni ennuyeuses.

De belles images lisibles et compréhensibles par tous. De plus, Lieve Blancquaert semble avoir retenu la critique de Barthes à propos de “The Family of Man” – une exposition d’envergure mondiale des années 50 –, à savoir que les phénomènes humains ne nous apprennent rien de déterminant par leur nature, mais bien par leur histoire.

En effet, elle a construit chacun de ses reportages autour des différences culturelles et sociales que de courts textes viennent souligner. De surcroît, d’autres dispositifs plutôt ludiques donnent un éclairage sur l’accroissement effréné de la population mondiale actuelle. On l’aura compris, il s’agit ici d’une exposition grand public, très professionnelle, qu’on vient voir en famille en cette période de nativité. Un constat aimable, beau comme une crèche de Noël, à consommer durant la trêve des confiseurs. Ni plus ni moins, car le tout est tellement consensuel (le “coffee table book” y compris), si peu rugueux qu’on ne peut s’empêcher de penser que ces berceaux et couffins, vus du haut, sont à la problématique de l’inégalité des chances, ce que “La terre vue du ciel”, de Yann Arthus-Bertrand, est à l’écologie : une vaccine pour un public gavé d’images qui vient se distraire, et puis oublie.

Ce que nous offre la télévision au quotidien en somme. Dès lors, se pose la question : pourquoi ces deux photographes ne se contentent-ils pas de réaliser des films pour la télé ?

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