L'origine de l'incendie est accidentelle, a indiqué le parquet de Bruxelles sur base du compte-rendu provisoire de l'expert incendie, qui doit encore rendre son rapport et préciser les causes du départ du feu.

Stéphane Vanreppelen, directeur technique, des investissements et de la sécurité à Bozar, responsable de la rénovation des bâtiments, a expliqué que le feu a pris en premier lieu dans un grand local technique contenant le système de refroidissement, au-dessus de la salle Henry Le Boeuf. "Quand les pompiers sont arrivés, on ne voyait de la fumée que dans ce local. J'ai fait le tour des salles avec eux à leur demande. Il y avait alors beaucoup de fumées, mais pas de flammes. L'expert a dit que le feu couvait sans doute déjà au niveau des gouttières de la toiture perpendiculaire au local technique, qui sont en bois et recouvertes de zinc. Quand le zinc a fondu, tout d'un coup on a vu des flammes apparaître sur toute la longueur de cette gouttière. Après, le second local technique a pris feu. Il n'y a pas eu de propagation dans la salle au milieu, mais il y a quand même eu de départs de feu en intérieur, un peu dans la toiture de la salle Henry Le Boeuf".

Des ouvriers sont en train de recouvrir de manière provisoire le toit avec une grande bâche. Ce travail devrait s'étendre jusqu'au début de la semaine prochaine. La restauration prendra, elle, un temps certain, car la toiture est classée. Les blocs de climatisation, primordiaux pour la bonne préservation des oeuvres, ont été posés en 2009 sur les toits de Bozar. La salle avait, elle, été restaurée autour de 2002.

Dès que le toit sera refermé, près d'une trentaine de déshumidificateurs tourneront durant environ trois semaines.

De l'eau coule encore du plafond de la salle Henry Le Boeuf. L'orgue s'est vu déverser dessus une grande partie de l'eau utilisée par les pompiers, car il est situé au point le plus bas de la salle, qui est inclinée selon le même plan que le plafond. Les claviers ont été directement évacués pour expertise et la tuyauterie sera démontée la semaine prochaine afin de référencer les dégâts, qui sont majeurs. "Il a plu pendant 24 heures à l'intérieur de l'orgue et tous les organes fondamentaux sont touchés", remarque Jérôme Giersé, directeur Musique Bozar. Il assure que la volonté de Bozar est de restaurer à nouveau l'orgue, qui avait été remis en route en 2017 après 50 ans de silence : "L'orgue et la salle forme une unité patrimoniale, artistique et culturelle. Cette salle sans son orgue n'est pas complète et l'orgue a besoin de la salle pour sonner".

Le circuit d'exposition côté rue Royale, où l'exposition "Danser brut" venait d'être démontée, a été plus particulièrement touché par les dégâts des eaux. Il n'a pas encore pu être visité.

Les œuvres liées à l'exposition "Philippe Vandenberg. Molenbeek" qui se trouvaient dans les antichambres côté rue Royale ne sont aucunement abîmées, selon les expertises réalisées. Elles sont encore en train de sécher pour évacuer l'humidité. Aucune autre oeuvre n'a été touchée.

La réouverture d'une partie du lieu est toujours à l'étude.