Bruxelles s’enrichit d’un centre d’art

Claude Lorent Publié le - Mis à jour le

Arts et Expos

Décidément, et en pleine crise, Bruxelles s’affirme de plus en plus comme une place incontournable sur le plan de l’art contemporain. Nous annoncions voici peu (voir LLB du 19/01/12) l’ouverture d’un nouveau centre d’art privé, La Patinoire. En voici un second, le CAB (Contemporary Art Brussels) situé non loin de la place Flagey. Il sera accessible au public dès le 21 avril. Les travaux d’aménagement sont en cours et l’équipe travaille d’arrache pied en ce lieu d’environ 800 m², dont plus de 650 seront consacrés aux expositions. L’initiative provient d’un homme d’affaires bruxellois, la quarantaine, collectionneur d’art contemporain depuis une quinzaine d’années, qui recherchait un espace pour entreposer les pièces de sa collection. C’est lorsqu’il acquit le site datant des années 30, initialement à vocation industrielle charbonnière, puis lieu chorégraphique, que lui vint l’idée d’un projet ouvert au public. La collection devra donc se trouver une autre destination !

Le futur centre, situé au rez-de-chaussée du bâtiment Art Déco, comprend : à l’entrée, les bureaux ; ensuite les espaces d’exposition avec une salle pour les projections et installations vidéo; un lieu de stockage et, atout considérable, un petit appartement destiné aux artistes en résidence temporaire pour les besoins d’un projet, d’une réalisation ou d’une exposition. La salle principale, haute, sous une belle armature métallique restaurée, profite d’une excellente lumière naturelle pour éclairer les cimaises blanches dont l’agencement tient compte de l’architecture initiale tout en prévoyant la possibilité d’agencements modulables.

Avec l’aide de conseillers, le propriétaire a mis au point le fonctionnement d’un véritable centre d’art sur base de deux expositions par an. Le but n’est pas de montrer sa collection mais de mettre en valeur les nouvelles scènes de l’art et les artistes d’aujourd’hui confirmés ou émergents, étrangers et belges. Le choix des expositions est assuré par un groupe de réflexion constitué de quelques personnes très au fait de l’art actuel. Les choix sont donc largement concertés et ne relèvent pas d’une vision unique. On est loin de toute mégalomanie et démonstration tapageuse bien que l’option générale soit clairement internationale. La direction actuelle du projet est assurée par Eléonore de Sadeleer, jeune femme riche d’une expérience en galerie bruxelloise et d’un master en art contemporain de chez Sotheby’s. Elle coordonne le tout pour la mise en place de la première exposition. A l’occasion de l’ouverture, une seconde personne sera engagée afin d’assurer l’accueil des visiteurs. L’ensemble constituera l’équipe permanente, les autres services indispensables interviendront ponctuellement.

Sur le plan artistique, l’une des orientations privilégiées portera sur la réalisation de projets in situ. Ce que confirme la première exposition qui donne le ton. En effet, sous commissariat de Réjane Cintrão curatrice pauliste, elle rassemblera les œuvres de 7 artistes émergents de São Paulo. Trois artistes déjà confirmés, Sandra Cinto, Albano Afonso et Paulo Climachauska, nés dans les années soixante, réaliseront des fresques murales de grande envergure. Wagner Malta Tavares (1964) proposera une vidéo installation tandis que trois jeunes peintres aux abords de la trentaine, Rodrigo Bivar, Elisa Egreja et Rafael Carneiro, donneront à découvrir leur peinture franchement figurative. En septembre, la seconde expo sera consacrée à des œuvres de collections belges. La suivante, en cours de discussion, portera normalement sur la scène iranienne.

Claude Lorent

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