De fils en objets

Claude Lorent Publié le - Mis à jour le

Arts et Expos

Décloisonnement des disciplines, mixités des techniques, interférences des moyens de productions, les arts plastiques et visuels ont allégrement transgressé toutes les frontières pour se retrouver tels que des expressions multidisciplinaires qui vont même parfois jusqu'à quitter les sentiers artistiques pour s'engager surtout en politique, en sociologie, en philosophie, voire dans les domaines scientifiques.

Le résultat de l'appel aux anciens boursiers du Centre de la Tapisserie fait montre d'une belle diversité à l'ordre du jour, mais bien heureusement sans quitter le domaine plastique qui reste prépondérant en chaque démarche. Et c'est déjà un excellent résultat que de constater cette attache plasticienne qui donne la spécificité foncière et ne confond pas l'ouverture avec la dispersion, même si la tapisserie elle-même fait quasiment défaut.

Par contre, ce qui la constitue est présent même si l'objet désigné comme tel est absent. Le noeud, les rythmes, les accumulations répétitives, les mailles parfois, les tissus et les fils sont bien de la partie, en tout ou en détail. L'esprit de la tapisserie traverse, en effet, cet ensemble de 9 participations parmi lesquelles celle de France Marichal et Amandine Fabry est la plus en relation directe avec le tissage.

La plupart des artistes retenus sont connus pour la qualité de leur travail bien que certains soient peu présents aux cimaises. On retrouve ainsi les objets de verre soufflé, miroité et transparent d'Isabel Almeida : capter et refléter la lumière et les images fugaces. Le verre est aussi l'apanage de Laurence Dervaux mais en corrélation avec la couleur des liquides, quant à ses vidéos des mouvements du sang dilué dans l'eau, elles sont superbes.

Papiers aussi et objets récupérés chez Violaine Vande Pitte. Marie-Line Debliquy écrit avec des milliers de petits papiers pliés et emboîtés, un travail de patience, d'application et de méditation. Papiers que l'on rencontre magnifiquement colorés, épinglés, strictement rangés, chez Reiko Takizawa. Retrouvailles sensibles avec la pièce Autopsie de Bénédicte Henderick et excellente présence de Juan Paparella qui tisse un univers hautement chromatique par un biais des plus singuliers.

Enfin, verre et matières diverses pour Olivier Devos qui compose entre objet, tissage et structure.

Claude Lorent

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