Des archéologues viennent de révéler la découverte faite fin septembre lors de fouilles archéologiques en Corrèze, d'un véritable "trésor de guerre" gaulois, composé de pièces uniques comme des trompettes utilisées au cours de batailles et des casques richement ornés.

Ces 470 objets ou fragments d'objets reposaient dans une fosse, creusée dans l'enceinte d'un temple gallo-romain à Naves (Corrèze), près de Tulle. Les fouilles de ce temple, dont les premières occupations datent du 1er siècle av JC, ont débuté en septembre 2001.

"Le caractère exceptionnel de cette découverte réside principalement dans la présence de cinq carnyx presque complets. Ce sont des trompettes de guerre celtes qui servaient à effrayer l'adversaire en provoquant le +tumulte de la bataille+", affirme à l'AFP Christophe Maniquet, l'archéologue de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), chargé des fouilles.

Selon M. Maniquet, c'est la première fois que l'on retrouve, de manière aussi complète, ces instruments de musique en bronze composés d'un long tube droit -pouvant mesurer jusqu'à deux mètres- et de pavillons en forme de têtes de sangliers pour quatre d'entre eux, de tête de serpent pour le cinquième.

"En tout, dans le monde, il n'a été découvert que des fragments de ces instruments, en Ecosse et à Mandeure (Doubs). On ne connaît ces trompettes que grâce à des représentations", sur des pièces de monnaies notamment, souligne l'archéologue.

A côté des épées, des fourreaux ou des fers de lances, plus traditionnels, les scientifiques ont fait une autre découverte de taille: neuf casques de guerre, huit en bronze et un en fer, qui possédaient parfois leur couvre-nuque ou leurs couvre-joues. L'un d'entre eux a la forme, inconnue jusqu'à ce jour, d'un cygne, alors qu'un autre est décoré avec des feuilles d'or.

"On a retrouvé seulement une vingtaine de casques dans le territoire qui représente l'ancienne Gaule", poursuit M. Maniquet.

L'archéologue s'enthousiasme aussi de la présence dans cette fosse de têtes d'animaux, des sangliers et un cheval, là encore en bronze. "Ces animaux pourraient être des enseignes guerrières, placées à l'extrémité de hampes qui guidaient les soldats lors de batailles, précise-t-il. Il n'existe que cinq exemplaire de ce type d'enseignes".

Pour les experts, tous ces objets pourraient appartenir à un "trophée de bataille" et semblent avoir été déposés dans un but religieux. "Le fait de les enterrer est vraiment un acte rituel d'offrandes" aux divinités, explique le responsable du chantier de fouilles.

L'ensemble de la collection a été envoyé dans un laboratoire de Toulouse pour y être nettoyé, soigneusement étudié par les archéologues puis restauré.

"On peut espérer voir ces objets dans un musée d'ici deux à trois ans", souligne M. Maniquet, qui se réjouit déjà: "Tous les spécialistes Anglais, Allemands ou Italiens de la période celtique vont affluer pour voir ces objets exceptionnels".