Mons, comme on le sait, à la veille de "Mons 2015 capitale culturelle européenne", veut devenir un pôle muséal pérenne qui, certes, s’épanouira pour 2015 mais est destiné à asseoir son statut de "capitale culturelle de Wallonie" et à attirer les visiteurs.

En tout, il y aura une quinzaine de musées thématiques, dont six sont en construction, et qui seront regroupés dans un "pôle muséal" avec une signalétique unifiée. En septembre, ce fut la réouverture du Bam, le musée d’art moderne. Ce lundi, ce fut la pose de la première pierre par Elio Di Rupo du futur MMM, "Mons Memorial Museum", le musée d’histoire militaire chargé d’attirer vers Mons le tourisme mémoriel, surtout anglais (le nom du musée est en anglais), friand de lieux de mémoire sur la guerre 14-18. Ce musée, qui coûtera au total 10 millions d’euros (4 millions payés par la Ville, 6 par la Région wallonne), devrait être inauguré en mai 2015. Il est installé dans l’ancienne Machine à eau, le long du boulevard de ceinture, un beau bâtiment de briques, d’acier et de verre, construit par l’architecte montois Joseph Hubert en 1870-1871 pour alimenter le réseau d’eau potable de la ville. Elle servit jusqu’en 1961 et le bâtiment réaffecté abrita la compagnie Claudio Bernardo.

Le bâtiment agrandi par deux ailes nouvelles qui l’intègrent mieux dans son environnement, tout en lui donnant une spécificité contemporaine, deviendra le "Centre d’interprétation de l’histoire militaire" dans un projet des architectes Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit, ceux qui ont déjà construit à Mons le théâtre Le Manège et récemment le dépôt d’œuvres d’art de la Communauté.

Deux morts célèbres

L’espace muséal total aura 3000 m2, dont 1200 m2 d’exposition permanente, une salle d’expo temporaire, des salles pour les groupes scolaires, des salles de projection, de conférences, cafétéria et boutique.

On y trouvera, mis en scène par Winston Spriet, une partie des 5 000 objets que comptent les collections d’histoire militaire de la ville de Mons.

Le but est donc d’attirer le tourisme "mémoriel" et surtout les Anglais pour qui Mons est la ville de la "mère des batailles". A côté, lié au MMM, il y a le beau cimetière Saint-Symphorien, haut lieu de mémoire avec ses tombes anglaises et allemandes. On y trouve, côte à côte, les tombes du premier et du dernier soldat anglophone tombé en 14-18 : John Parr, tué le 21 août 1914, 17 jours après l’entrée des troupes allemandes en Belgique. Et George Price, un soldat canadien tué deux minutes (!) avant la signature de l’Armistice. Le musée rappellera ces guerres en pays montois, comme la "légende des anges" qui seraient venus en aide, le 23 août 1914, aux soldats britanniques. Mons est d’ailleurs la seule ville belge intégrée dans les grandes commémorations de 2014 organisées par les Britanniques.

Les collections (objets, photographies, affiches, documents) ont été conservées dans un musée créé en 1930 et longtemps hébergées au Mont-de-Piété.

Acier, brique, verre

L’objectif du musée, selon ses promoteurs, est de s’intéresser aussi aux civils et de ne pas "s’intéresser uniquement aux singularités de la ville de Mons mais, au contraire, de permettre aux visiteurs, à travers l’histoire de la cité et de sa région, de se questionner sur des réalités vécues dans un grand nombre d’autres régions en Belgique."

Le projet d’Hebbelinck et de Wit (auteurs par ailleurs du Mac’s au Grand Hornu et du récent Théâtre de Liège) est de compléter le bâtiment historique par deux extensions contemporaines. Le bâtiment historique, au centre de l’ensemble, sera le point d’accueil et de départ des visites. Les extensions resteront dans la continuité typologique des bâtiments voisins tout en affichant leur contemporanéité. Les nouvelles ailes du musée joueront, comme le bâtiment historique, sur l’acier, la brique et le verre, et utiliseront pleinement la lumière.