Arts et Expos

L'exposition Kandinsky - un nom qui fait rêver -, est venue comme une surprise. On attendait plutôt, l’ouverture ce printemps, du "Musée fin de siècle" dans l’ancien musée d’Art moderne. Mais le report, à plusieurs reprises, de l’ouverture de ce musée, a amené Michel Draguet, le directeur-général du musée des Beaux-arts, à chercher un autre événement fort pour ce début d’année. Maintenant, il promet certes, que le Musée fin de siècle ouvrira avant la fin décembre, mais en attendant il avait découvert à Pise, au Palazzo Blu, cette expo sur "Kandinsky dans les collections russes" et fut séduit, D’autant qu’il a fait lui-même, sa thèse de doctorat sur Kandinsky.

Les œuvres montrées ont été rassemblées par le "Musée russe" de Saint-Pétersbourg, des musées russes de province (Vladivostok, Novgorod, Kazan, etc.) et celui de Tbilissi en Géorgie, qui possède le tableau qu’on dit être le premier abstrait. Michel Draguet explique qu’il a pu obtenir que l’exposition passe par Bruxelles pour un prix "raisonnable" de 150000 euros qui montrerait le souci des autorités russes d’exporter leurs trésors. Le musée privé de la Pinacothèque à Paris, en a déjà bénéficié aussi.

Michel Draguet a étoffé cette exposition grâce à divers prêts, mais aussi en jouant, souligne-t-il, sur les synergies intermusées qu’il prône par ailleurs, amenant de belles icônes du Cinquantenaire et des instruments de musique du MIM.

L’exposition innove aussi sur le plan du marketing, ce qui pourrait faire grincer quelques dents. Pour la première fois, toute la communication a été "externalisée" et confié à une ASBL para-publique bruxelloise, BME, "Brussels major events", dirigé par l’échevin bruxellois (PS) du tourisme Philippe Close. BME a jusqu’ici surtout réalisé les campagnes d’événements festifs comme les "plaisirs hiver" ou mi-culturels, mi-touristiques, comme les expos "Terracotta" et Toutankhamon. L’inspection des Finances s’en est d’abord étonnée, avant de donner son feu vert à un "test". Le musée ne paie rien à BME qui se paie sur le succès prévu de l’expo en prenant une partie des recettes (il rentre dans ses frais si l’expo dépasse 50 000 visiteurs). En échange, le musée bénéficie de la force de frappe des campagnes de BME.

L’exposition innove aussi par son prix d’entrée, très élevé à l’échelle belge, et par la stratégie neuve d’avoir des prix différents en semaine (moins cher) et le week-end (plus cher). En semaine, le billet plein est de 14,5 euros, le vendredi de 13 euros, et, le week-end, de 17,5 euros. Mais Michel Draguet et BME soulignent que ce prix comprend l’audioguide pour tous. "Nous avons vu avec l’expo Jordaens, que les visiteurs manquaient d’explications. L’audioguide est une vraie promenade dans l’expo."

Ce nouveau concept pourrait se reproduire car Michel Draguet a déjà laissé entendre qu’il pourrait bien garder le contact avec les Russes pour des expos Chagall ou Malevitch et que ce Kandinsky était le début d’une collaboration plus suivie avec BME.