En août, l’art contemporain en galeries fleurit abondamment à Knokke où les quelques meilleures enseignes du lieu, celles qui œuvrent toute l’année, sortent le top de leurs pièces. A côté d’elles éclosent des produits éphémères où l’image lisse et glacée concurrence le chromo chic pour intérieur classe, où le kitsch de saison dispute la primeur au décoratif trendy. Au final, il y a peu d’élus où la vraie qualité actuelle s’affiche. La vigilance est donc de mise car les prix, eux, s’envolent comme les mouettes après avoir délesté les passants de leur pain.

Les bonnes images

Outre quelques marchands de bon aloi où trônent les artistes de Cobra et quelques Broodthaers ou Walter Leblanc, outre des ensembles dont ceux des galeries Jamar, Crown, André Simoens ou Pieters, elles sont à peine une dizaine à occuper la tête des affiches. Avec des solos. Du côté des thématiques, le premier prix ira à l’expo et au catalogue complémentaire de "Les mots et les images" chez Ronny Van de Velde (jusqu’au 19 septembre) où les Magritte, Broodthaers, les lettres-collages de Mariën, les ombres portées de Eerdekens, côtoient des Nauman, Duchamp ou Glenn Ligon. Mention spéciale aussi à la Stems bruxelloise qui prend ses vacances à la côte (jusqu’au 28 août) avec les œuvres des Valerian Goalec, Julian Opie, Zach Reini, Walter Robinson (à découvrir !) et Marie Vic.

Des solos bluffant

La galerie Mulier Mulier poursuit avec son excellente mini-rétrospective de Art&Language tandis que Stéphane Simoens propose le premier solo show (jusqu’au 12 septembre) en Belgique du peintre figuratif allemand Robert Seidel (1983). Valeur confirmée chez Patrick De Brock (jusqu’au 22 août) avec les sculptures monumentales, tout en rondeurs, peintes, patinées ou polies de Tony Cragg.

Duo de choix chez Samuel Vanhoegaerden (jusqu’au 18 septembre) avec les sculptures minimales et mobiles de George Rickey (USA, 1907-2002) et les champs colorés de Sam Francis (USA, 1923-1994), dont un sublime et grand dessin des années 60 ! Dédoublement temporaire sur la digue pour une expo découverte à ne pas manquer et dont on reparlera : "Jan van Munster : 1968-2016" (jusqu’au 11 septembre). Autre première en solo chez Geukens&de Vil avec le peintre David Simpson dont les toiles monochromes changent de couleur selon l’intensité de la lumière et la position du visiteur. Magnifique magie picturale !

Reprise de propriété

Il a réalisé à Knokke la reprise d’une performance de Fontana en 1962, accomplie dans la maison "Vasarely" du collectionneur Louis Bogaert, aujourd’hui de Christophe Tanghe, où il avait perforé une toile de son ami Jef Verheyen. Un acte "appropriationniste" correspondant à sa démarche. En effet, Gavin Turk (1967, vit à Londres) reprend et adapte les œuvres d’artistes réputés, dont en l’occurrence une peinture de Magritte. Les bâtons multicolores de Cadere deviennent des cadres de vélos tandis que les portraits dans les Warhol sont remplacés par des autoportraits. Ses tableaux perforés à la Fontana portent les initiales G.T. et varient en leurs supports, toilés ou métalliques, peints ou oxydés. Une manière de revisiter et de prolonger l’histoire de l’art.

Les galeries sont ouvertes les week-ends et variablement en semaine durant l’été. Voir les sites respectifs.