Grand-messe annuelle de la bande dessinée, le Festival d’Angoulême se tient du jeudi 27 janvier au dimanche 30 dans la cité du papier.

Deux ans après la bande dessinée flamande, c’est sur la "génération spontanée" de la nouvelle bande dessinée belge francophone que l’édition 2011 du festival braquera ses projecteurs, lui consacrant une exposition.

Loin de s’inscrire dans les pas des Hergé, Franquin, Jacobs, Jijé, et autres grands noms, cette "génération spontanée" a rompu avec la bédé de papa. Et s’est aventurée bien au-delà des pistes ensuite tracées par Schuiten, Yslaire, Hermann, Comès ou Sokal dans les années 70-80. Actifs depuis vingt ans pour les plus anciens, ces "nouveaux" auteurs ne forment pas une "école", pas plus qu’un ensemble homogène. Qu’ils se nomment De Heyn, Deprez, Goerg ou Goblet, Lambé, Libens ou Pinelli, Manche, Van Hasselt ou Vandermeulen, qu’ils œuvrent en solitaire ou au sein de collectifs (La cinquième couche, Frémok ou l’employé du Moi), ils ont en commun d’interroger, de manière plus ou moins radicale, leur art et ses codes graphiques ou narratifs, pour mieux les reparamétrer. Ils ont libéré la bande dessinée du carcan de la case, de la page, du livre même. La Toile, notamment, leur ouvre un nouveau terrain de jeu, champ de tous les possibles. Comme les expériences d’hybridation, menées par ceux qui accouplent le neuvième art à la littérature, la poésie à l’art contemporain, urbain et même à la danse.

L’occasion était belle pour "La Libre" de faire connaître ces auteurs, en ouvrant ses pages au collectif bruxellois de l’employé du Moi - les pages Regards (ci-contre) et Découvertes (44-45) ont poussé les portes de cette maison d’édition indépendante, qui vient de fêter ses dix ans. A l’invitation de la rédaction, une dizaine d’auteurs de l’employé du Moi ont pris leurs quartiers, mardi, dans nos locaux. Avec pour mission d’illustrer, d’éclairer ou de commenter l’actualité du jour par le dessin. Le résultat s’affiche au fil des pages de votre quotidien. Bonne lecture.