À la tête de deux temples de l’art en l’espace de quatre ans : future présidente-directrice du Louvre, Laurence des Cars dirige le Musée d’Orsay à Paris, où elle a développé une programmation innovante et ouverte aux jeunes. Elle sera au 1er septembre la première femme à accéder à la tête du plus grand musée du monde.

Fille du journaliste et écrivain Jean des Cars, petite-fille du romancier Guy des Cars, cette spécialiste de l’art du XIXe et du début du XXe siècle se veut une présidente de son temps, se mobilisant pour un accès plus large des enfants au musée, pour les restitutions d’œuvres spoliées par les nazis ou encore pour des expositions en lien avec des débats d’actualité.

Cette femme de 54 ans, au tempérament décidé, a fait briller depuis quatre ans le musée de l’art moderne et impressionniste grâce à une très intéressante et audacieuse programmation.

Elle a été notamment derrière l’expo événement Le modèle noir, un sujet sensible dont la rigueur de traitement a réussi à éviter toute polémique.

L’Élysée dit d’ailleurs l’avoir choisie pour sa capacité à "relever les défis sociétaux" sur les enjeux délicats : place des femmes, restitutions, provenance des œuvres.

Après des études d’histoire de l’art à Paris IV-Sorbonne et à l’École du Louvre, elle intègre l’École nationale du patrimoine et prend son premier poste de conservateur au Musée d’Orsay en 1994, où elle demeure jusqu’en 2007. Elle est ensuite nommée directrice scientifique de l’agence France-Muséums en juillet 2007, opérateur français chargé du développement du Louvre Abu Dhabi.

Sa spécialité, l’histoire de l’art moderne, se trouve pleinement valorisée en 2014 comme directrice du Musée de l’Orangerie, puis en 2017 comme présidente de l’Établissement public du Musée d’Orsay et de l’Orangerie. Sous son mandat, le nombre de visiteurs d’Orsay n’a cessé de croître : jusqu’à 3 700 000 visiteurs en 2019.

La présidente s’est aussi lancée dans "Orsay grand ouvert", projet qui va élargir le musée, avec davantage d’espaces d’expositions, un centre éducatif de 650 m2 et un centre de recherches international qui sera inauguré en 2024.