Le prestigieux prix Pritzker 2021, surnommé le Nobel d’architecture, a été attribué ce mardi au duo d’architectes français Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, ceux qui ont rénové le palais de Tokyo à Paris et réalisé le Frac de Dunkerque. Un prix très mérité pour ce formidable duo.

A Dunkerque, ils avaient choisi de ne pas répondre exactement à la demande. Au lieu de remplir un grande halle de construction de bateaux, l’AP2, de 75 m de long, construite en 1945, surnommée par les habitants, la "cathédrale" avec les espaces demandés, ils ont construit une seconde cathédrale, transparente, aux gabarits exactement identiques, juste à côté de la première. Un coup de génie (notre photo).

Leur méthode: dépenser moins – moins d’argent, moins de matériaux, moins de CO2… – pour produire le plus – plus d’espace, plus de plaisir, plus de possibles…

"Leur travail, qui répond aux urgences climatiques et écologiques de notre temps autant qu'à ses urgences sociales, en particulier dans le domaine du logement urbain, redonne de la vigueur aux espoirs et aux rêves modernistes d'amélioration de la vie du plus grand nombre" : c'est par ces mots que le jury a notamment motivé sa décision.

Pour le Palais de Tokyo, ils ont aménagé le lieu en laissant les espaces bruts de friche industrielle mais en l’équipant de tout ce qu’il faut pour un musée moderne. Le même bureau a aménagé l’immense sous-sol. On y entre comme dans une grotte, grande parfois comme une église, intime parfois comme un recoin. Un bâtiment nu avec des espaces magnifiques qu’il faut habiter.

Lacaton&Vassal ont laissé l’aspect d’une friche pour économiser sur un budget qui n’était que de 20 millions d’euros seulement, peu pour une telle superficie.